Qu'il était sage mon
village,
Accroché à son coteau,
A regarder paisiblement le sillage,
Boisé de son cour d'eau.
Tout au plus, deux cents âmes
Le peuplaient dans la rudesse
Du travail de la terre, sésame
D'un bonheur sans largesse.
Le calme des rues crottées
N'était bouleversé
Que par la sortie des
écoliers
Et des troupeaux, la rentrée.
L'eau coulait aux fontaines
Étanchait nos soifs d'enfants
Elle coûtait le prix de la peine
D'aller à ses pieds, en se penchant.
Sur la colline, coucou et violettes
Cerises et pêches, grappes de raisins
Rythmaient la rapine des gamins.
C'est là, dans ce village bien sage,
Que je suis arrivé
encore nouveau-né,
Dans les bras d'une femme en âge
Éclairée par sa magnanimité.
De son rang de grand-mère amour,
De ma couche de déshonneur,
Elle se fit un manteau de bravoure,
Et m'inonda de son
bonheur.
Le village, en entier, curieux,
Défila pour voir de l'épicière
Le petit fils, le fruit du contentieux
Dont elle n'était pourtant pas peu fière.
Oublia sur le champ ses ressentiments,
Adopta mes sourires épanouis,
Comme autant de remerciements.
Qu'il était sage alors, mon village
Accroché à son coteau,
Prêt à bercer toute mon enfance
Et à me voir grandir dans ses ruisseaux.![]() |
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C. BAILLY
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