mercredi 12 février 2014

Attente sentimentale


Le Penseur de Rodin


Dans le vacarme de ma conscience,
Mon sentiment souffre de ton silence, 
De ne point savoir assez l'assurance
De ton penchant, sa tendance…



Chaque jour, il mendie sa récompense,
Souffre, de tes mots d'amour, la carence,
De ton auguste présence, l'absence,
De ces inquiétudes, les mouvances.





Le Penseur de Rodin
Pardonne-lui sa sénile arrogance.
De son insistance, il fait repentance.
De son insidieuse souffrance
Il demande par toi la délivrance.

Oubliée ! Pour lui la juvénile insouciance
De revivre pareille romance.
Passée ! L'exubérance de l'adolescence.
Arrive la crainte de l'indifférence.

A la douleur d'aimer, il n'a point ta constance,
De tes sentiments, l'égale prestance.
Non, il lui faut de la consistance,
Chaque jour, de toi, quelques pitances.




Son instance n'est point une offense.
Pardonne à sa défiance,
L'indécence de son omniprésence.
Donne-lui l'objet de quelques espérances…

Un mot, seulement… un mot,
Il attend ta sentence…

Le Penseur de Rodin

C. BAILLY
Tous droits réservés

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