Las de voir toutes leurs années s'entasser,
Leurs souvenirs de jeunesse en herbe, fauchés,
Sur des clichés hors d'âge, en passe de s'effacer.
La pendule, grande sotte, poursuit sa course.
Immuable, elle scande les secondes qui s'envolent,
Indifférente à leurs heures comptées qu'elle immole.
Elle dilapide leur temps, jamais ne les rembourse.
![]() |
| Nicole Marbaise |
Ils se regardent, l'œil chagrin de voir ce qu'ils sont.
Elle, la mine chiffonnée ne regarde plus le miroir,
Lui, le visage buriné, ne connaît plus le fil du rasoir.
Où sont passées leurs gueules d'ange et de démon ?
![]() |
| Carl Wilhelm Hubner |
Elle se revoit, fraîche telle une rose à peine éclose
Il se souvient du jour de juin, en train de la cueillir.
Son corps, alors, était loin de vouloir le trahir.
De tous ses charmes, elle attendait qu'il dispose.
![]() |
| Emile Vernon - Jeune femme aux roses |
Qu'il est loin le temps des moissons de bonheurs.
Il butinait ses charmes, au bout de ses tétons,
S'émerveillait des trésors enfouis sous ses jupons,
Découvrait les senteurs délicates de sa candeur.
![]() |
| Jean Honoré- Fragonard |
Ils se regardent, se comprennent sans paroles.
Sur leurs lèvres émaciées, un sourire désabusé,
Leurs mains décharnées s'unissent pour un baiser,
Tandis que leurs cœurs usés, de nouveau s'affolent.
![]() |
| James Coates FineArt |
Bien sûr, le temps continue son monologue,
Mais ils s'aiment tant ! Alors pourquoi regarder
Par la fenêtre, ce monde qui les a déjà oubliés ?
Leur vie n'est plus qu'un livre qui attend son épilogue.
![]() |
| du net |
.jpg)

























