lundi 5 novembre 2018

Transcendance

Illustration Royo Liu

















L'amour toujours l'amour... Ô Mon Amour !
Dans la passion et la tendresse,
Dans la délicatesse de nos caresses,
Dans l'agitation de nos impatiences,
Dans la science de nos impertinences.






















L'amour toujours l'amour... Ô Mon Amour !
Dans l'amnésie de nos candeurs,
Dans la témérité, pour le pire et le meilleur,
Dans la furie qui exacerbe nos sens,
Dans l'outrage de nos indécences.

























Ô Mon Amour !
Je te dois les intimes vertiges qui parcourent mon sang,
Quand ta fleur de mâle éclos alors tu m'offres son encens.
Je sais tout ton plaisir dans la profondeur de tes soupirs,
Dans ma chair, de ton fer, le marquage à feu de ton désir.
































Ô Mon Amour !
Avec fougue, nous partageons les appétits de nos corps,
Tu as l'usufruit de mon âme perdue, à toi mon chant du cor.
Nous consommons l'amour comme un fruit généreux,
Nous croquons à pleines dents, tout de ce mets savoureux.
.

















Ô Mon Amour !
Nous conjuguons l'amour à tous les temps
Dans la tiédeur de nos effleurements,
Dans le réchauffement de nos caresses,
Quand nos baisers oublient la sagesse
Dans la chaleur de nos ébats,
Dans l'ardeur de nos combats,
Dans la moiteur de nos désirs,
Dans l'orage de nos plaisirs,
Dans la tempête de notre impudeur,
Quand aimer rime avec douleur,
Quand, enfin, nous sommes submergés
Sous une avalanche de félicité,
Par notre féconde jouissance
De notre passion, la quintessence.



Ô Mon Amour !
Alors...
Nos chairs épuisées s'endorment vidées de leurs substances...
Ne reste de notre amour que sa sublime transcendance…



Christian Bailly
Tous droits réservés
10/09/2014

mardi 16 octobre 2018

Poussière d'homme



Guido Reni - Hercules


Ô Mon Amour !
Sur mon corps,
Le fleuve du temps
Laisse les rides du vent
Se déposer cruellement.
Je le sens faiblir mollement
Mais sûrement,
Cet antique corps,
Qui demande encore
Et encore un sursis
De jeunesse, d'ivresse,
Avant de la vieillesse,
La déliquescence
L'évanescence…








William Etty




Ô Mon Amour !
Combien de temps
À cette enveloppe charnelle
Où mon âme vagabonde
Trop souvent furibonde ?
Sans lui, elle n'est rien, le néant sans fond !
Sans elle, il n'est qu'une poupée de chiffon !






Roberto Ferri








Ô Mon Amour !
Oui, j'ai peur de me voir vieillir,
De voir mon esprit se tarir.
J'ai peur des jours sombres,
De quitter la lumière pour  l'ombre.












Roberto Ferri


Mourir n'est qu'un passage
Prétendent les sages !
Mais de la vie au caveau,
Avant de tirer le rideau,
Vieillir, c'est bien pire !
C'est décrépir,
Rabougrir,
Pour finir …
En poussière !




Roberto Ferri









Ô Mon Amour !
Combien de temps me reste-t-il ?
Sur le chemin de la douleur ?
La vie n'est qu'un chemin de croix,
Et le tombeau vient à son heure.









Combien de temps me reste-t-il
À aimer, à souffrir,
À  souffrir d'aimer,
À aimer souffrir ?
À parcourir les chemins du plaisir
Avant que ma bougie n'agonise
Avant que l'on me carbonise ?


Roberto Ferri





Roberto Ferri




Ô Mon Amour !
Combien de temps me reste-t-il
À vous écouter,
À vous regarder,
À vous sentir,
À vous toucher,
À vous goûter ?














Combien de temps me reste t'il
À vous aimer, Ô Mon Amour
Avant…
Avant que je devienne poussière d'homme…

Roberto Ferri


Christian Bailly 
Tous droits réservés
10/09/2014




vendredi 5 octobre 2018

Ô Toi…


Illustration  Fred Daring
http://www.freddaringart.com/paintings-4-galleries/







Ô Toi, Aube cruelle, tu me sors de mes songes,
Pour ouvrir la porte aux regrets qui me rongent.
Sur moi, l'obsession de ce que je suis en vérité,
Dépose le voile noir et pesant de mon autodafé.


















Ô Toi, Jour interminable, tu prolonges mon supplice,
Sous tes projecteurs, les preuves de mon préjudice.
Aux images de beaux mâles aux derrières rebondis,
Mon esprit s'affole, me soudoie, malgré les interdits.
















Ô Toi, Crépuscule, avec toi, arrive sournoise rébellion,
Elle annonce de mon entendement les tourbillons.
De ton clair-obscur, elle s'accommode, ma faiblesse,
Pour que je transgresse mes odieuses promesses.














Ô Toi, Nuit furtive, tu ensorcelles mes sens exacerbés,
Tu déposes, sur mon corps humilié, mes désirs mortifiés.
Dans tes profondeurs, ma noirceur hante mon âme,
Pour que sur-le-champ, à la dérobée, je me damne.

















Ô Toi, Nuit profonde et muette comme une tombe,
À tes viriles ombres, avec remords, je succombe.
En ton sein charitable, j'apaise mes indignes envies,
Sous le pâle sunlight d'une lune à toi asservie.
















Ô Toi, Nuit secrète, je te confie mes défaillances,
Quand je voudrais me démettre de mon allégeance.
Mes dépravations me mortifient avec obstination,
À ma naissance illégitime et maudite, ma dénégation.

















Ô Toi, Nuit, emporte-moi, au loin, dans ton néant,
Loin de mes turpitudes, loin de ce pesant présent.
Dans ta noirceur, je veux me fondre, disparaître,
Ne plus servir mes singuliers penchants, ne plus être.




Christian Bailly
Tous droits réservés
19/06/2014

mardi 25 septembre 2018

Il pleuvait.

Illustration  Fred Daring
http://www.freddaringart.com/paintings-4-galleries/








Il pleuvait alors sur mon âme,
Comme il pleuvait sur mon cœur
Inondé par beaucoup trop de rancœurs
Notre destinée est parfois bien infâme.




















J'étais enfermé dans mon cauchemar,
De moi-même, je n'étais que l'ombre.
J'attendais que s'ouvre ma tombe.
Pour les autres, je me faisais fuyard.




















Je renonçais à survivre à mon destin,
J'attendais l'avènement du verdict.
De mes proches et amis, la vindicte,
De l'épée de Damoclès, le scrutin.


















Il pleuvait alors sur mon âme,
Comme il pleuvait sur mon cœur.
Je respirais, oui, mais à contre-cœur.
Je savais pour eux mon crime infâme.





















Le purgatoire était bien de ce monde,
L'enfer pour moi était à deux pas.
Pas besoin d'attendre mon trépas,
Ma vérité avait saveur nauséabonde.



















Un jour, pourtant, la parole s'envola,
Pour se poser sur la place publique,
Avec des relents d'acide chlorhydrique.
J'eus cette espérance, qu'on m'immola.




















Qu'enfin finisse mon long supplice,
Pour connaître les torpeurs de l'oubli.
Ma réputation définitivement établie,
Je pouvais boire jusqu'à la lie, le calice.




















J'essuyai bientôt la tempête de ma vie,
Puis, je reçu des preuves de compassion.
J'eus les suffrages, pour cette confession,
De tous mes proches et de mes amis.















Il pleuvait du bonheur sur mon âme,
J'oubliais toute une vie de rancœurs,
Et tout de moi chantait en chœur
L'hymne à la joie, la fin d'un mélodrame.















Christian Bailly
Tous droits réservés
10/06/2014



samedi 1 septembre 2018

Ivresse


Illustrations : Steven C. Corry






Pris d'une appétence subite,
Tu te jettes sur ma bouche.
Aussitôt me voilà sur orbite,
Pour une nouvelle escarmouche.

Ma chemise vole en morceaux,
Rejoint presto sur le parquet,
Mon jean et tous mes oripeaux.
Tu te prépares au banquet.














Ta bouche comme un fourreau,
Ne perd pas un seul instant.
Elle s'empare de mon flambeau,
Ce morceau dont tu es friand.

Tu t'appropries tout mon corps,
Je propose mes chemins interdits,
Tu en demandes plus encore.
Dans ma chair, tu t'enhardis.











 


Profondément, tu me laboures,
Ma volupté m'offre en pâture,
À cette douleur que je savoure.
Je me délecte de ta dictature.














Par amour, j'oublie qui je suis,
Je deviens simplement ta chose,
L'objet de ton désir inassouvi.
J'approuve tout ce que tu oses.








Bientôt, nos désirs s'emballent,
Ton tison brûle mes entrailles.
Intimement, le mâle s'installe,
J'attends le feu de sa mitraille.












Au diable la sagesse…
Pourvu que l'on ait l'ivresse !




Christian Bailly
Tous droits réservés
23/06/2014