Je t'attendais, là,
nu
fébrile,
offert à la douceur
d'un soir de juin,
sous la canopée
encore fraîche de sa jeunesse,
odorante et printanière,
adossé à la barrière.
timide
filtrait à travers le feuillage
me dévoilant
dans la nuit
aux regards avertis
d'âmes chasseresses
en mal de mâles
vigoureux.
J'étais le gibier,
à l'affût
d'un chasseur d'homme
qui me dénicherait
pour faire bonne chair
et assumer sa faim,
sa charnelle intempérance
irrésistible.
D'un halo lumineux,
nu
tu surgis dans le soir
éblouissant de désir.
J'étais conquis
avant même le duel
de nos sexes
empressés.
Dans la nuit nos corps
dénudés
se reconnurent au toucher
dans l'urgence enfiévrée,
avant même nos cœurs,
avant même les échanges
de nos corps avides,
à même l'humus
complice.
Comme deux amants
affranchis,
sans condition aucune
nous laissâmes
nos sens se libérer
exprimer leur réalité
avec la rage de l'amour
naissant
ignorant le futur
qui déjà nous guettait,
impatient !
C'est là,
dans cet humus
que prit racine
notre passion
restée depuis
inaltérée.
Christian Bailly
Tous droits réservés
25/06/2026
