mardi 3 mars 2026

Onde fulgurante





Ton sexe exalté

saccage mon cul,

au rythme saccadé

de tes coups de rein.

Il m'envahit, me pille,

c'est un martyr

autant qu' une grâce.


Jo Beer


Tu investis le secret

de mon corps affable,

tu crois me faire tien

mais je te fais mien.

Tu crois me prendre,

Et pourtant, c'est moi

qui te possède bel et bien.


Julian Hsiung


Ta virilité me fouille,

transgresse mon intime,

laboure mes profondeurs.

Ta vigueur de mâle

retourne mon sillon

pour venir y déposer,

ta semence opalescente.


Todd Yeager 


Je confisque ton sexe,

en feu dans mon antre.

J'engloutis ta chair,

en extrait le nectar

Et vois aboutir

mon plaisir.


Jason Ebrahimi


En salves, tu déposes

la mitraille

de ta jouissance.

Une onde fulgurante

parcourt mes entrailles,

Mon corps

connaît l'extase.


Rick Herold


Pour un instant sublimé,

par nos corps fusionnés

nous ne faisons qu'un...


du net


Christian Bailly

Tous droits réservés

28/02/2026

dimanche 1 mars 2026

Feuilles d’or

 





Volent, volent les feuilles d’or

Au vent d’automne,

Et déjà, je frissonne

À voir poindre ce triste décor.


 


Caracolent les feuilles d’or,

Avec leurs sœurs,

Éclipsent  les dernières fleurs

Et le sol qui mollement s’endort.


 


Volent, volent les feuilles d’or

Dans les nues, emportées

Vers d’autres contrées,

Loin de leurs vénérables supports.


 


Tourbillonnent les feuilles d’or,

En l’air, en Brumaire,

À terre, en Frimaire,

Avant que ne vienne la mort.


 

Dorment, dorment les feuilles d'or

Avant de devenir poussière,

Sans une seule prière,

Tandis que résonnent les cors.


 


Dans le vent, mon deuil cicatrise,

Bientôt, l’automne nous abandonne.

Quand s'échappera l’hiver monotone,

Alors caracoleront les feuilles sous la brise.




Texte et Photo (Forêt de Fontainebleau) Christian Bailly
Tous droits réservés
04/11/2013
Revisité le 25/02/2026

samedi 21 février 2026

Sous les pas de mon passé

 Illustrations : Photos Christian Bailly



Thèmes


Sous les pas de mon passé, j'ai retrouvé,

L'odeur abricotée de la fleur de coucou,

Les lilas entêtants au bord de notre verger,

L'humble violette qui me mettait à genoux.

 

Sur le chemin, j'entends, perché dans le ciel,

Le chant de l'alouette et du chardonneret,

Dans le taillis ou posé sur un arc-en-ciel,

Le merle chanteur bien moins discret.


Pommier en fleurs

Je savoure de mon passé tartes et gâteaux,

Les crêpes gourmandes à la confiture,

Le pain grillé dans le chocolat chaud,

Le lait frais encore tiède, au goût nature.

 

Sous mes pas sautillants, j'ai retrouvé,

Les chemins bordés de coquelicots,

Mes courses folles dans les champs de blé,

Et les soirs d'hiver à feuilleter le dico.


 

Coquelicots

Je me régale avec le civet de lapin,

Il embaumait la cuisine toute la matinée,

Mais aussi, avec la grande tartine de pain

Garnie, avec soin, de chocolat râpé.

 

J'entends l'appel lointain de la cloche,

Alors que je courais sur la colline,

Sur la neige, le crissement de mes galoches,

Et à l'école, nos chansons enfantines.


Ecole de Thèmes


 Sous les pas de mon passé, j'ai retrouvé,

La morsure de l'eau fraîche du ruisseau

Sur mon corps innocemment dépouillé,

Puis les largesses du soleil sur ma peau.

 

J'entends le matin, le chant besogneux,

De la forge et du marteau sur l'enclume.

La fanfare jouant son concert pompeux,

Du quatorze juillet, les flonflons sur le bitume.

 

Mon Grand Père, Henry Bailly

Je hume mille odeurs longtemps oubliées,

Le sainfoin en fleur, et celle du crottin,

La fraîche mandarine de Noël espérée,

Le jardin fleurant le thym et le romarin

 

Je revois en pleine fleur, dans le verger,

Les promesses de pommes succulentes,

De l'été clément, les nuits constellées,

À chercher des yeux des étoiles filantes.

 

Qu'elle était belle la vallée de mon enfance,

Quand je courais pieds nus dans la rosée,

J'oubliais alors mes peurs, mes défiances,

Elle était mon paradis, mon Empyrée

 

Mais je ne le savais pas.


Dans la vallée, champ de peupliers


Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés
13/10/2013
Revisité 20/02/2026

vendredi 20 février 2026

Épilogue

 

du net


À la fenêtre, les vieux regardent le temps passer,


Las de voir toutes leurs années s'entasser,


Leurs souvenirs de jeunesse en herbe, fauchés,


Sur des clichés hors d'âge, en passe de s'effacer.



 

La pendule, grande sotte, poursuit sa course.


Immuable, elle scande les secondes qui s'envolent,


Indifférente à leurs heures comptées qu'elle immole.


Elle dilapide leur temps, jamais ne les rembourse.



Nicole Marbaise

 

Ils se regardent, l'œil chagrin de voir ce qu'ils sont.


Elle, la mine chiffonnée ne regarde plus le miroir,


Lui, le visage buriné, ne connaît plus le fil du rasoir.


Où sont passées leurs gueules d'ange et de démon ?



Carl Wilhelm Hubner 

 

Elle se revoit, fraîche telle une rose à peine éclose


Il se souvient du jour de juin, en train de la cueillir.


Son corps, alors, était loin de vouloir le trahir.


De tous ses charmes, elle attendait qu'il dispose.



Emile Vernon  -
Jeune femme aux roses


Qu'il est loin le temps des moissons de bonheurs.


Il butinait ses charmes, au bout de ses tétons,


S'émerveillait des trésors enfouis sous ses jupons,


Découvrait les senteurs délicates de sa candeur.



Jean Honoré- Fragonard


 

Ils se regardent, se comprennent sans paroles.


Sur leurs lèvres émaciées, un sourire désabusé,


Leurs mains décharnées s'unissent pour un baiser,


Tandis que leurs cœurs usés, de nouveau s'affolent.



James Coates FineArt

 


Bien sûr, le temps continue son monologue,


Mais ils s'aiment tant ! Alors pourquoi regarder


Par la fenêtre, ce monde qui les a déjà oubliés ?


Leur vie n'est plus qu'un livre qui attend son épilogue.



du net

Christian Bailly
Tous droits réservés
27/05/2013

mercredi 18 février 2026

Dernier soupir

 


La mort qui rôde frôle de son aile malveillante,

Son corps usé par les ans et son âme vacillante.

L'espoir a déserté ses prunelles bleues éteintes,

De l'au-delà, sa face blême porte déjà l'empreinte.


Égalité devant la mort de William Bouguereau


Le souffle court, il attend que sur lui elle se serve,

Sans même se demander ce qu'elle lui réserve.

Autour de lui, la vie s'active au ralenti, on chuchote,

On espère un miracle chimérique, on sanglote.


La mort de Géricault


Dans un dernier éclair, défile sa destinée chaotique.

La vie le quitte sans qu'il ne présente de supplique,

Pas l'ombre d'un regret, pas un voile de remords,

Dans ses yeux vitreux, se reflète déjà la mort.


La mort de Léonard de Vinci  de Ménageot


Ses mains sur le drap ont la pâleur de son linceul,

Une main s'en saisit, lui prouve qu'il n'est pas seul.

Elle est aussi douce que celle d'une fille aimante,

Mais il ne peut répondre à cette preuve rassurante.


Mariage in-extremis à l'article de la mort - Salvator Rosa



Sa vie telle une étoile filante s'enfuit dans la nuit,

Sur son visage, la faucheuse pose un masque de suie,

Son dernier souffle ne pourrait éteindre une bougie.

Pas un mot, pas un murmure, il s'éteint sans un cri.


Lord Byron sur son lit de mort par Odevaere


De longs sanglots brisent le silence, l'instant suspendu,

La vie reprend ses droits autour de celui qui n'est plus.

Dans ce monde en sursis, où nous sommes de passage,

Planent sur chacun de nous, de funestes présages.


Allégorie de la mélancolie de Fabre


Autour du défunt, la famille recueillie, en assemblée,

Compte ses rescapés, passe en revue le temps passé.

Face à cette vérité, pour chacun, c'est l'heure du bilan,

La réalité les frappe, sans aucun ménagement.


Jean-Baptiste Greuze - La piété filiale


À qui le tour ?

On se regarde, on se redresse, on masque sa faiblesse,

On refuse d'être le prochain sur la liste de l'ogresse.

En secret, on implore un peu de temps au temps,

Aussi cruelle que soit la vie, on la vénère, pourtant.


Anna Ancher - Un enterrement 


Christian Bailly
Tous droits réservés
17/12/2012

mardi 17 février 2026

Tic... Tac...

 


La persistance de la mémoire - Salvador Dali



Tic… Tac… Tic… Tac…

 

Chaque seconde de notre vie compte,

De notre naissance, à notre inéluctable fin.

Pour qu'un petit homme prépare son destin.

Pour qu'un homme bâtisse son devenir.

Elles sont empreintes d'espoir en l'avenir.

Chaque seconde de jeunesse compte…


Les âmes vagabondes  - JC Fresnais

 

Chaque seconde d'amour compte,

Comme autant de tendres baisers,

Pour que la passion puisse perdurer.       

Chaque seconde de tendresse compte…


Couple amoureux - Géricault Théodore

 

Tic… Tac… Tic… Tac…

Chaque seconde d'affection compte,

Pour autant d'enfants qui naissent.

Nous leur devons toute notre attention,

De la naissance… jusqu'à notre vieillesse…

 

Chaque seconde d'amitié compte,

Comme autant de soutien accordé,

L'amitié ne mérite pas d'être bradée.

Une présence ne peut être refusée.


Rebecca de Cachard - Les deux amis et l'oiseau

 

Chaque seconde de guerre compte,

Au nombre de croix dans les cimetières.

Chaque seconde de paix compte,

Pour déposer des sourires sur les lèvres des mères.


 

La Fraternité -Fabrice De Paola 

Tic… Tac… Tic… Tac…

Chaque seconde de notre Terre compte,

Pour ne pas la transformer en enfer

La situation devient suicidaire

Chaque seconde de notre paradis compte…


Abdellouahab SELKA - Prédateur

Chaque seconde compte…

Tic…Tac… Tic…Tac… Pas à pas.

Chaque seconde de notre vie compte,

Chacune est un pas vers notre trépas.

 

Alors, à quoi bon !

Pourquoi ne pas s'aimer simplement,

Vivre en communion, sans ressentiment.

À quoi bon se haïr, se battre, vainement,

Quand chaque seconde assurément

Nous précipite vers le néant…

 

Donald Pass 

Tic… Tac… Tic… Tac…




Christian Bailly

Tous droits réservés

15/10/2012

revisité le 17/02/2026