mardi 24 février 2015

Providence

Diego Sans acrylic on canvas by Donald Rizzo



Quand, à l'insolence de ton indécence,

Je montre impudiquement ma science.

Quand sans défense, je cède à ton offense.

Quand, courageusement, ton impertinence

Vient finalement à bout de mon impatience,

Et que sombre dans la décadence

Les décombres de mon innocence.

Quand en vertu de ton obédience,

Je me plie à ton impérative exigence.

Quand ma volonté n'est plus que déliquescence,

Par ta concupiscence, je tombe dans la démence.

A contempler de ton désir, l'érubescence,

Et de sa grandeur, la toute magnificence,

De ma réalité, je connais l'évanescence.

De mon corps, je lui confie l'ingérence,

Alors il se soumet à ton intense cadence,

Reconnaît ton illustre vaillance,

N'attend point de lui de clémence,

Espère de ta sentence l'opulence,

Pour sa déférence, la récompense.

Bientôt, dans la passion et son effervescence,

Dans l'inconscience, de notre incandescence,

Nos âmes libèrent de notre désir, la quintessence,

Ensemencent nos corps du fruit de notre alliance.

Repus de plaisir et de son opulence,

Nos corps s'abandonnent à l'indolence,

Confiants de notre amour et de sa providence.

by Donald Rizzo




Christian Bailly
Tous droits réservés
19/05/2011

vendredi 20 février 2015

De l'instant de notre rencontre

Naive und Expressive Kunst Zeljko Vitomirovic

Je garde le souvenir pénétrant de ton regard conquérant,
Alors qu'il se posait sur moi dans le crépuscule, insistant.
A cette invitation, je cédais à mon intestine impulsion,
Sans savoir la destinée réservée à mon irrésistible pulsion.

Je garde le souvenir caressant de tes mains sur ma peau,
Dans le froid de la nuit, découvrant de mon corps chaud,
Les secrets très intimes de mon désir par toi exacerbé.
Habiles, je me retrouvais, par elles, sur le champ dénudé.

Je garde le souvenir persistant de ma fabuleuse découverte,
Du trésor inconvenant qui attendait mes mains expertes.
Comment aurais-je pu résister davantage à tant de charme?
Dans ma tête impossible de taire l'insupportable vacarme.

Je garde le souvenir fou de notre incontrôlable débauche,
Ignorants de quel avenir nous entreprenions l'ébauche.
Nos corps furieux emportaient nos âmes, dans le tourbillon
Du désir et du plaisir pleinement partagé, sans condition.

Je garde le souvenir du tapis feuillu, sous nos corps dépravés,
Des capiteuses exhalaisons de la terre, de la nuit, de sa complicité.
Comme des damnés, nos corps voluptueusement enchevêtrés,
Enflammaient nos cœurs troublés, déjà secrètement enchaînes.

De l'instant de notre rencontre,
Je garde le souvenir fidèle de mon cœur, par la passion, terrassé,
De cet amour si soudain, qui paraissait inaccessible, insensé,
De ce bonheur qui envahit impatiemment mon âme, ma chair,
Pour ne plus jamais me quitter, pour ne plus jamais se taire.

Naive und Expressive Kunst Zeljko Vitomirovic






Christian Bailly
Tous droits réservés
18/05/2011

samedi 14 février 2015

Endormissement

Untitled by James Gleeson

Dans la moiteur d'un après midi d'été,
Le soleil caresse ton corps abandonné,
D'un rayon pâle de jalousie aveuglante,
Devant le défi de ta beauté outrageante.

Ombres et lumières jouent de leurs effets,
Soulignent dans le silence chaque trait
De ton corps dénudé, si délicatement ciselé.
Devant ce trésor, mon envie de consommer.

James Gleeson - Figure in a Psychoscape





Mes yeux se promènent sur ce jardinet,
Sans oser se poser, de peur de te réveiller.
De tant de ravissements, je m'émerveille,
Secrètement, sans troubler ton sommeil.

De cette contemplation, en moi, l'émoi.
A mon désir grandissant force de loi.
Je me laisse gagner par ses caprices,
Me soumets à son dévorant supplice.






Male Nude in Psychoscape  by James Gleeson




L'envie me démange de venir te butiner,
Sur ton tapis perce-neige de me réfugier,
Sur tes lèvres cueillir ton souffle lourd,
A ta fontaine étancher ma soif d'amour.

Tu dors, indifférent à ce combat intime,
Qui déchire mes entrailles, m'assassine.
Mais tout vient à temps à qui sait attendre,
Et par mes rêves, je me laisse surprendre.



Christian Bailly
Tous droits réservés
09/05/2011


lundi 9 février 2015

A toi mon frère

Couple Hugging de Raphael Perez
A toi le frère de mes vertes années,
Nos jeux d'enfants, nos retrouvailles,
Les assauts de nos châteaux de pailles,
Les bains, nus, dans le ruisseau glacé.

A toi le frère de mes vertes années,
Nos peines, nos espoirs dans le noir,
Nos intimes confidences en miroir,
Les pleurs de nos enfances déchirées.

A toi  le frère de mes vertes années,
Tu m'as livré de ton âme, les secrets,
De ton corps juvénile, le sacret,
Dans le silence de nos nuits d'été.





A toi le frère de mes vertes années,
Je te dois de mon corps, l'exploration
Et aux plaisirs partagés, ma révélation,
Dans la complicité des draps brodés.

A toi le frère de mes vertes années,
De ton long silence, ma souffrance,
Mes pleurs pour ta longue absence,
De ton mutisme, toute ma culpabilité.

A toi le frère de mes vertes années,
Ma jeunesse sans toi, là, à t'attendre,
A me méprendre, pour te comprendre,
Accepter le choix de ta clandestinité.

Les années passées sur toi,  sur moi,
Ont fini par te ramener à la réalité.
Nous étions devenus deux étrangers,
Oubliées nos connivences, nos émois.

Perdu le frère de mes vertes années,
Devant moi, un homme silencieux,
Honteux de notre passé licencieux,
Loin nous étions alors d'assumer.



Man on Couch de Raphael Perez


Perdu le frère de mes vertes années,
Accaparé par la vie et son engrenage,
Par ce maudit crabe pris en otage,
Emporté le frère de mes vertes années.

Avec toi le secret de notre complicité,
La genèse de ma destiné particulière,
Que j'assume enfin dans la lumière,
Sans toi mon frère et tes vertes années.






A toi le frère de mes vertes années,
A toi le frère que je n'ai jamais eu,
Mais que tu as su être sans retenue,
Le souvenir de nos amours censurés.

A toi mes hommages éternels.

                                         à M.


Christian Bailly
Tous droits réservés
05/05/2011

lundi 2 février 2015

Fellation


Fauché par la fatigue, par une chaude après midi d'été
Tu gis sur le lit défait, abandonné à tes rêves, abattu.
De ta chemise immaculée, tes jambes velues dévêtues
S'échappent sur les draps, impudiquement écartées. 

Par les persiennes, filtre un rayon de soleil incorrigible.
Hardi, il vient caresser ton bas-ventre dissimulé.
À te voir ainsi, lascif, à l'indiscrétion solaire, exposé, 
Je sens monter en moi un désir soudain irrépressible.

Je m'approche sans pouvoir retenir ma main osée,
Qui déjà, sans hésiter, relève le pan de ta chemise.
Là de ta futaie drue et virile, surgit à ma grande surprise,
Ton sexe audacieusement durci, fièrement dressé.

À sa base, lourdes de plaisir à venir, tes deux couilles,
Indécentes, s'offrent à ma lubricité, à ma bestialité. 
Une perle prometteuse suinte de ton gland décalotté, 
Tout de toi semble souhaiter que je m'agenouille.

Ton fumet viril et lourd m'enveloppe, m'accroche.
Ainsi attiré par tes charmes assurés, par leur insolence,
Je cède volontiers, sans culpabiliser, à mes appétences, 
Fasciné, obnubilé par tant de beauté, je m'approche.

Déjà mes lèvres libertines s'apprêtent à leur délit, 
Pour s'emparer de ton noble objet de désir concupiscent.
Dans ma bouche gourmande, le velours de ton gland.
La saveur de ta mâle prestance pour moi s'épanouit.

Sur ma langue, le frémissement sanguin de ta tumescence. 
Ainsi enveloppé de moiteur, ton sexe se gorge, se raidit,
Pour envahir mon palais écumant, asservit à mon appétit.
À moi ta grandeur ! À moi ta gloire ! À moi ta turgescence! 

Ma langue intrépide s'emporte, s'enroule, se promène
Tout au long de ta verge, se joue de tes friandises.
Dans ton sommeil, tu t'agites, et moi je te vandalise.
Tes hanches ondulent tandis que ma faim je refrène.

Ton bassin se cabre pour lâcher dans un râle de mâle
Ta semence opalescente et suave dont tu te désengorges.
Le mascaret de ton plaisir inonde ma bouche, ma gorge.
Je reçois ton philtre d'amour, ton essence viscérale.

J'accepte ton offrande divine, je te bois, je te consomme.
Je t'avale, je m'enivre de ta liqueur, de ta quintessence. 
Je me grise de ta substance, des vapeurs de ton essence.
Tu es ma source d'énergie vitale, tu es mon homme. 





Christian Bailly
Tous droits réservés
02/02/2015