vendredi 19 mai 2017

Intimes Doléances

Illustrations: William Etty


 





À chercher le plaisir dans ta petite mort en moi,
J’y trouve l’apaisement à mes intimes souffrances.
Je m’arc-boute pour bien mieux sentir ta lance,
Mais je sais que je ne mourrai pas de tes exploits.














Je sens les larmes monter, naître de ma douleur,
J'entends remplir ma coupe à raz bord pour la boire.
J’avais tant d’amour en retard, ce fut mon purgatoire,
J'ai payé ici-bas, je crois ne rien devoir au rédempteur.
















Ma chair était en manque, en carence de jouissance,
De celle qui vient du bas-ventre sauvage d’un mâle,
De celle qui se libère bestialement dans un râle,
Mon corps connaît enfin les douceurs de ta semence.















De ton corps de guerrier aguerri, j’accepte les rudesses,
Puisqu'elles me font sentir que je suis encore vivant.
Même si elles me laissent sur le carreau tel un mourant,
Ce n’est pas outre-tombe que je jouirai de tes prouesses.












Sous tes assauts, il me plaît d’être fatalement vaincu,
D’expier dans la douleur du repentir, la satisfaction
Que j’ai d’assumer enfin ma singularité et ma passion.
Je veux être pénétré par l’amour, à la haine, j’ai survécu.
















Aujourd’hui…


J’affiche mes amours sans avoir à sauver les apparences,
Loin de moi l’ignominie de ma naissance désastreuse,
Quand j’entendais gémir alors mon âme malheureuse.
Oubliés, mes délires d’adolescent contraints au silence !















Je souffre d'aimer, et d'être aimé comme je l'entends,
Pour rien au monde, je ne me renierais à nouveau.
À toi, mon cœur, mon âme, ma chair jusqu'au tombeau,
À vivre enfin ma différence auprès de toi, j'y prétends.




Christian Bailly
Tous droits réservés
25/03/2013

mardi 2 mai 2017

Confidences de couette


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Alors même que je commençais à m'assoupir,
Pour une longue nuit paisible,
J'entendis, de mes amants, les premiers soupirs.
Ah, ces enfants terribles !

À la perspective de la folle soirée qui m'attendait
J'ai dû me faire une raison.
Je savais pertinemment que rien ne les arrêterait,
Ces deux jeunes polissons !

Myles Antony

J'avais beau me faire légère et me faire oublier,
Je sentais que j'étais de trop,
À les sentir sous moi vibrer et ainsi se défouler.
Loin deux l'idée d'un trio !

Très occupés à se faire mutuellement plaisir,
Et à faire monter la température,
Je savais qu'ils n'allaient, plus longtemps, tenir
Sous ma tendre couverture.

Peu à peu, je me sentis repoussé, mis à l'écart,
Ils gisaient nus sur la couche.
Ceux-là s'adoraient, ce n'était pas le fruit du hasard.
Ils n'étaient point farouches !

 

Sans tarder, ils entreprirent de plus savantes positions,
Çà n'avait ni queue ni tête,
Mais je peux vous dire, c'était la grande moisson.
Ils ne se racontaient pas fleurette !

Tout y passait, ils ne manquaient pas d'imagination,
De soixante-neuf, en levrette.
Ils étaient des experts, pas besoin de répétitions,
Du lotus, à la charrette !

Peter Schauwecker


Piteusement, je finis par me retrouver sur le plancher
Je n'étais plus de leur monde
J'étais là, abandonnée à mon sort, sans pouvoir broncher,
Piteuse, comme une moribonde !

De leurs soupirs, de leurs gémissements en partage
J'imaginais tout de leur ébauche
Bientôt, j'entendis rugir leurs fougueuses rages
La conclusion de leur débauche !

Le souffle court, je les sentis s'effondrer sur le lit
Une main délicate se posa sur moi
Me tira, me hissa, pour cacher l'objet de leur délit
Leurs corps, épuisés, aux abois.

du net


Pour eux, je me fis plus moelleuse, plus douillette.
Émue de voir tant d'amour,
Je me dis que j'étais la plus chanceuse des couettes,
Et m'endormis jusqu'au petit jour.



Christian Bailly
Tous droits réservés
02/05/2017

lundi 1 mai 2017

Intimité

Illustrations : Louis Runemberg




Dans l'atelier aux volets fermés,
Pour protéger leur intimité,
L'artiste et son bel Apollon,
Se consacrent à leur passion.

Quand s'aiment les amants,
Tout à leurs désirs impatients,
Seul compte pour eux, l'univers
Unique de leurs corps découverts.

Aux cœurs, le coup de foudre.
Leurs corps veulent en découdre,
Leurs sens excitent leurs chairs,
Et révèlent leur savoir-faire.










 
Baisers et caresses font équipe,
Leurs esprits s'émancipent,
Leurs désirs en vis-à-vis
S'impatientent d'être assouvis.

Peu à peu, leurs plaisirs montent,
S'efface alors l'instant de honte,
Où s'offre la chair dévergondée
Au cachet indélébile de la virilité.

Les corps s'agitent en cadence,
Entrent fiévreusement en transe,
Quand voilà dans un soubresaut,
Le bouquet final de leur assaut.








Gisants à même le sol maculé,
Les amants encore enlacés
Oublient le temps écoulé…
À leur amour, toute l'éternité…


Christian Bailly
Tous droits réservés
23/03/2013