mardi 25 février 2014

Naissance




Par une nuit de mars encore bien noire, 
Où ne perlait pas même une lueur d'espoir,
Au fond d'un hôpital inspiré par la pitié,
Une jeunette enfantait sans joie ni fierté.

D'un instant d'ignorance et d'amour égaré,
Il fallait dorénavant son avenir, l'assurer.
Un fardeau bien trop lourd gisait près d'elle,
Avec pour le restant de sa vie, les séquelles.

A peine remis de sa naissance et de la douleur,
Par l'ondoiement on purifia ce frêle pécheur.
Enfant de la honte et de tous les déshonneurs.
Il faudrait faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Sur ce berceau ne se penchait qu'un seul parent,
Encore toute étonné de ce colis encombrant.
Il lui fallait assumer de cette erreur de jeunesse,
Le fruit et tenir bravement sa promesse.

Bien avant l'heure, leur destin était scellé
Pour une existence à jamais bouleversée,
Empoisonnée de non-dits et de silences,
Des conséquences d'une inexplicable absence. 

Embastillés par ce secret entre eux posé,
Objet d'une guerre intestine désavouée,
Il leur faudra presque une vie entière
Pour se conquérir, abattre cette barrière,

Pour se rencontrer enfin au bout du chemin,
Effacer l'ultime source de leur chagrin.
Et apaiser la blessure de leur déconvenue
Le temps de s'aimer était finalement venu.

Le temps de la réconciliation
D'une naissance, l'acceptation… 

                                            A ma Maman









C. BAILLY
Tous droits réservés

Aucun commentaire:

Publier un commentaire