jeudi 6 février 2014

Renoncement




Parfois, me vient l'envie de rendre les armes,
De me noyer dans les abysses de mon âme,
D'abaisser les cartes, de baisser le masque,
De mon existence mettre fin à ses frasques,

Pour ne plus rôder telle une ombre vagabonde,
Parmi les survivants de cette hécatombe.
J'en brigue sans délai l'avant-première,
Pour ne plus errer entre tristesses et chimères,

Ne plus m'empoisonner de mes obsessions,
Trouver l'ultime chemin de mon évasion,
Ne plus me shooter de mes espoirs vains,
Être au moins, de ma fin, enfin le souverain.

Je veux sans crainte me laisser aller,
À la mort, céder ma chair dépouillée,
Au bord du chemin, mon âme, l'abandonner,
Des faix de ma vie, me débarrasser.

Plus rien ne comble mon désarroi,
Pas même l'amour, ni les tendres émois.
Ma vie est un échec, une illusion,
Dont je suis à bout de provision.

La gueuse guette mes moindres faux-pas,
De mon premier souffle à mon trépas.
Me harcèle sans répit, avec pugnacité.
Son arsenal a raison de mes velléités.

Cette chieuse a fait ma perte avant même
Que je n'aperçoive l'astre suprême.
Je ne partage avec elle que le fait d'être bâtard.
Sans état d'âme, elle fait de moi son bagnard.

De ma destinée, elle a vendu l'âme,
Sans cesse de mon bonheur, elle m'affame.
Elle me dessert pour mieux m'asservir,
Et de mes turpitudes mieux s'assouvir.

Un jour viendra cependant
Où je serai plus accommodant,
J'accepterai alors son dernier tango,
Et lui laisserai comme agios…


Mes os !

C. BAILLY
Tous droits réservés
22/10/2009

2 commentaires:

  1. J'aime votre style ! Tous vos poèmes me plaisent énormément. C'est un vrai coup de coeur pour votre écriture. :)

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    1. Merci ! Je suis très vivement touché par votre commentaire.
      Vos bons mots sont ma meilleure récompense...
      Vous êtes chez vous...
      Belle soirée

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