vendredi 24 février 2017

Exhortation

Illustrations :Steve Cronkite









Mon Amour, viens !
Viens torturer mon corps,
Il en redemande encore,
Il attend ton chant du cor,
L'ultime don de ton corps.






















Mon Amour, viens !
Viens fourailler ma chair,
Elle attend dans un éclair,
De ton désir autoritaire,
Son plaisir subliminaire.














Mon Amour, viens !
Viens me faire rendre l'âme.
Ce corps que tu affames,
Sa pitance, il la réclame,
Son émoi, il le clame.


Mon Amour, viens !
Offre-moi la petite mort,
N'aie pas de remords,
Mon ventre me dévore,
Il veut que tu le perfores.








Mon Amour, viens !
Viens en moi te répandre,
Je ne puis m'en défendre,
Je ne peux plus attendre,
Il te faut ici m'entendre.

Mon Amour, viens !
Viens satisfaire ma chair,
Montre-moi ton savoir-faire,
De ton désir de légionnaire,
Ton plaisir, je veux l'extraire.





Mon Amour, viens !
Viens en moi tressaillir,
M'offrir ton intense désir,
Pour toi je veux souffrir
De te sentir en moi mourir
De plaisir…


Christian Bailly
Tous droits réservés
08/01/2013

mardi 21 février 2017

Tu es…

Illustrations : Mark Ashkenazi














Tu es…
Tu es l'âme que mon âme recluse attendait
Tu es le cœur que mon cœur espérait
Tu es la chair à laquelle ma chair aspirait
Tu es le désir qui en moi sommeillait


















Tu es…
Tu es la lumière qui éclaire enfin ma nuit
Tu es le chemin que mon destin a suivi
Tu es ma raison de vivre ma seconde vie
Tu es la flamme de mes dernières bougies




















Tu es…
Tu es le vent qui souffle dans ma voile
J'étais une brebis égarée, tu es mon étoile
Tu es l'artiste, je t'offre ma vie pour toile
De ma nature, tu as levé un coin du voile

















Tu es…
Tu es le futur pour lequel j'ai patienté
Tu es le présent que j'avais tant espéré
Et à mon tout dernier souffle expiré
Tu seras le passé auquel j'avais aspiré












Ô. Mon Amour,
Tu es, de mon destin, le commencement.
Tu es, de mon âme, l'accomplissement.
Tu es, de ma chair, l'exhaussement.
Tu es, de ma vie, l'aboutissement.











Christian Bailly 
Tous droits réservés 
26/12/2012

jeudi 16 février 2017

Je vis un rêve merveilleux

Illustrations : Kenney Mencher









Je vis un rêve merveilleux,
Près de toi, je suis heureux
De tous nos jeux interdits,
Mon âme agitée tire profit.
















Avec toi, je me reconstruis
Une identité que j'ai bannie
Bien trop longtemps à tort,
Faute de n'être pas assez fort.










Tout de moi, enfin, s'épanouit.
De ce que je gardais enfoui,
Je me fais ce nouvel habit
De lumière, d'aujourd'hui.



















Désormais, je m'assume !
Ma nature vraie, je l'exhume,
De son insondable tombeau,
Où elle gisait en lambeaux.



















De ton amour, je me grise,
Au bonheur, je me familiarise.
J'oublie mes heures sombres,
De moi, je ne suis plus l'ombre.





















À mon corps aride, se révèlent
Ton monde fait d'étincelles,
Le chant lascif de tes soupirs,
Le bouquet suave de ton cuir.





Amour ! Ô ! Mon Amour !






Je vis un rêve merveilleux,
Près de toi, je suis heureux.
Continuons nos jeux interdits,
Mon âme fortunée resplendit.





















Sur mes terres, soit paladin !
Je t'abandonne mon jardin,
Viens donc y cueillir la rose,
Pour toi, tout juste éclose…











Christian Bailly
Tous droits réservés
23/11/2012

dimanche 12 février 2017

Je veux vivre

Illustration : Robert C. Core


  





Avec toi, je veux vivre des aurores embrumées
Des charnels effluves de nos nuits envoûtantes,
Sentir les ferveurs de ta chair enthousiasmée
Aux premières lueurs, dans notre chapelle ardente.











Avec toi, je veux vivre des matins prometteurs,
Rayonnants du bonheur des amants comblés,
Des grasses matinées, en partager les langueurs,
Relire dans tes yeux, le récit de nos nuis agitées.















 



Avec toi, je veux vivre des après-midi appesantis
De siestes crapuleuses où nos corps encore luisants
Des folies de nos étreintes, se laisseront, estourbis,
Tomber dans les bras de Morphée, compatissant.
















Avec toi, je veux vivre le crépuscule de ma vie,
Pour m'éteindre, tout comme le soleil à l'horizon,
Avec le cœur et l'âme radieux de m'être accompli,
D'avoir embrasé ton ciel des teintes de la passion.








Christian Bailly
Tous droits réservés
16/11/2012

vendredi 10 février 2017

La terre de ton corps


Quand l'aube se lève sur le champ de nos amours
Je contemple la terre endormie de ton corps
Des yeux, je parcours les prairies où renaissent
Chaque jour, mes plaisirs si longtemps interdits


Je folâtre et me laisse émouvoir par ta beauté
Pour laquelle je suis prêt à tout donner de mon âme
Je vagabonde jusqu'à dans tes rêves intimes
Pour imaginer les plaisirs que tu attends de moi


Je m'extasie devant ce miracle qui ensoleille ma vie
Comment pouvais-je espérer vivre ce printemps
Qui m'effleure, là, à l'automne de mon destin ?
Peu importe, je goûte le miel de l'instant présent.


Enveloppé de sommeil, tu te retournes, innocent
Ignorant les doux tourments de ma chair palpitante
Tu me livres tes courbes généreuses et secrètes
De ce paysage au lever du jour, je m'émerveille


Je contemple ce chef-d'œuvre de dame nature
Qui réveille les convoitises de ma chair insatiable
Le désir s'invite furtivement à ma contemplation
Pour me détourner de mes rêveries pastorales


Les vapeurs matinales de ta chair m'étourdissent
Autant que celles d'un rayon de soleil sur l'humus
Lourds de promesses voluptueuses et fertiles.
Dans mon corps, grouillent, déjà, d'indicibles envies


Mes pensées s'envolent pour des cieux audacieux
D'où surgissent des démons aux appétits indécents
Sous mes caresses, ta terre se fait plus malléable
Ton sillon s'entrouvre sous mes impudiques baisers


Dés lors, je rêve de labourer la glaise de ton corps
Pour y semer mon amour sublimé par notre plaisir.
L'aurore rubescente enflamme le champ de mes amours
Et  je contemple la terre de ton jardin qui s'éveille

Christian Bailly
Tous droits réservés
25/01/2016

mercredi 8 février 2017

Patience



Sandrine d'Eimar de Jabrun - Nudité






L'hiver est là, déjà à notre porte,
Avec son tas de feuilles mortes.
J'avoue, sa froidure m'insupporte,
Je me chagrine de ce qu'il apporte.







Alors je me dis… Patience !

Monet - Happy days





Après la pluie, pour sûr, vient le beau temps,
Après l'hiver, bien sûr, vient le printemps,
Mais de loin, je préfère l'été, tel est mon choix,
Plus sensuel, plus propice à nos doux émois.






Saules tetards au coucher de soleil - Van Gogh






Quand la chaleur fait se dénuder ton corps,
Quand perle, sur ta peau, la rosée de ton corps,
Quand ta chair alanguie paresse en plein soleil,
Quand nu, tu fais la sieste à l'ombre de la treille,





Nebojsa ZDRAVKOVIC1





Alors, ton armure à terre me dévoile tes armes,
Alors, à ma guise, je dispose de tous tes charmes,
Alors, j'échafaude mes prochaines escapades,
Alors, je me jette sur toi pour une cavalcade.








Van Gogh 






J'attends les délices charnels de nos nuits agitées,
J'attends, de la langueur de ces longues soirées,
Qui s'éternisent, les réconforts de ton corps,
Et une pluie d'étoiles filantes pour seul décor.









Constantin Somov - Jeune homme endormi




Mais pour toucher du doigt un seul de ces rêves,
Et attendre des longs frimas de l'hiver, la trêve,
Pour ne plus sentir cette froidure qui nous fouette.
Je dois me montrer docile, sous notre couette,







Aussi en attendant... Amour ! Ô ! Mon Amour…

Pendant que la bise souffle dehors son venin
Sur la nature engourdie par l'hiver rigoureux,
L'un tout contre l'autre, attendons son déclin
Et réchauffons nos désirs endormis au coin du feu

Andrew Moncrief - A Strange Feeling



Christian BAILLY
Tous droits réservés 
05/11/2012