jeudi 20 février 2014

Insomnie




Musée Rodin - Torse (Rodin)

Sur nos corps assouvis, nos désirs assoupis,
La nuit étale son manteau de sagesse.
Une doucereuse torpeur nous envahit
Nous berce de ces vaporeuses largesses.


L'un contre l'autre, nos corps frémissent,
Encore étonnés du plaisir consommé.
Nos esprits vagabondent et chérissent,
En silence, cet instant saisissant partagé.


Mon cœur écoute le tien, rassuré.
Mon âme s'épanche dans le bonheur,
Enveloppée du secret de l'obscurité
Qu'elle voudrait déchirer de sa clameur.




Ton corps lourd s'abandonne sur mon sein.
En silence, je me rassasie de ce miel de vie.
Le sommeil t'emporte vers tes songes lointains.
Je te convie secrètement au bal de mes rêveries.


J'écoute s'oublier ta chair voluptueuse.
Mes mains impertinentes effleurent ta peau.
Ton jardin, gorgé de nos fragrances amoureuses,
Réveille, de mon désir, son flambeau.


Sagement, je te couvre de baisers feutrés,
T'emprisonne dans mes pensées indécentes.
J'oublie et le temps, et le lieu, transporté
Par la passion dévorante qui me hante.


Je te baigne de tous mes discours d'amour,
Contenus par la peur de te faire sourire.
J'ose prononcer tout bas ces mots de troubadour,
Que je m'évertue exclusivement à t'écrire.


Mon amour…Mon tendre Amour…
Mon impénétrable Amour…
Saurai-je un jour …
Si tu m'aimes d'Amour…


Mon Amour pour toi s'immole,
Ma raison s'affole,
Les mots se carambolent,
Les vers caracolent,
Mon sommeil s'envole,
La nuit s'étiole.
Et toi…
Imperturbable, tu somnoles,
Jusqu'au chant du rossignol.

C.BAILLY
Tous droits réservés

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