![]() |
Laocoon et ses fils. Tuby. 1696. (Détails) Jardin du Château de Versailles |
Je veux ne rien voir
venir, pour toi mourir en plein bonheur,
Etre emporté pour
l'empyrée, sans la moindre peur,
De mon devenir, je lui
laisse la primeur.
Qu'elle fasse,
l'indigne, son labeur !
Ainsi dans l'ardeur
De notre indicible
amour, avec grandeur,
Pour l'éternité,
j'irais boire
A la coupe du
désespoir.
Pour toi je veux
mourir en plein bonheur,
Dans la mort, je ne
craindrai plus de te perdre,
Je t'emporterai dans
mon cœur,
De la vie je tairai
toutes mes rancœurs.
Trop reconnaissant d'avoir
partagé toutes ces riches heures,
Dans la passion de
nos sentiments, le désir et la jouissance.
Pour toi, je veux
mourir encore débordant de bonheur,
D'appétits
insuffisamment assouvis pour l'heure,
Mais certes, pas en
sentiments pour toi débiteur.
A mourir pour toi de
bonheur il n'y a point de grandeur!
Cependant, que par
ces mots, le souvenir en demeure
Le sacrement de notre
amour, de sa splendeur !
Nul ne pourra ainsi
détrôner cet amour en fleur…
Mon Amour, laisse-moi
partir dans la torpeur
De notre bonheur…
Ne cherche point à
retenir mon heure,
Le sens de ma vie
n'est que dans l'expression de ce malheur,
Etre ce que je suis
sans pouvoir afficher cette réalité qui en moi demeure
M'est d'une bien plus
grande douleur
Que de semer les
larmes et la déconvenue dans les cœurs
De
ceux que j'aime…
Pour
toi je veux mourir …
A l'instant précis où
tu feras mon bonheur.
C. BAILLY
Tous droits réservés
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire