lundi 27 janvier 2014

Délicieuses étreintes



Comment ne pas te dire, Cher Amant, combien j'ai goûté
Ce délicieux instant, tant et tant de fois espéré ?
Comment ne pas t'avouer ce bonheur suprême,
Pris à découvrir ton jardin d'Eden, et à y faire mon baptême ?
Sur ta couche intime, abandonné à tes caresses,
Je me suis enivré de tes senteurs musquées, avec hardiesse.
Point de fausse pudeur, ni trop de mots, seulement des soupirs,
Pour ponctuer ce moment de communion, et quérir le plaisir.
De cette coupe de fruits défendus, je me suis rassasié,
Savourant à pleines dents ce plaisir incommensurable d'y croquer.
Passer de l'un à l'autre, les oublier, les reprendre, les retrouver,
Après les avoir délaissés, tout entamer comme un gosse mal élevé.
Ne plus savoir où donner de la tête devant tant de mets divins,
Avec voracité m'acharner dessus de peur de connaître la faim.
Je me suis régalé, oui, Cher Amant, j'en fais ici le digne aveu,
Sans me sentir coupable ; ne pas y goûter eut été un désaveu.

Comment oublier le rivage de tes lèvres, et l'ardeur par elles cachée ?
Comment ignorer ton bois de senteur à la croisée de tes sentiers 
Que je n'ai de cesse de parcourir, de redécouvrir à l'infini ?
Comment résister à tant d'objets de convoitise sans embrouillamini ?
De ton corps offert, j'ai tout pris et pourtant, pourtant…
Il me semble, à mon grand désarroi, ne pas avoir eu assez de temps.
J'aurais voulu à loisir imprimer de mon sceau chaque parcelle
De ton corps, et marquer au fer blanc irrémédiablement les séquelles
De mon passage où j'espère avoir semé de délectables ravages.
Je rêve de ton corps, de ces secrets, de revisiter ses terres sauvages.
Il me reste le chant de tes plaintes inspirées par mes supplices.
Je lis encore tes grimaces de bonheur par moi provoquées avec malice.
Si de toutes ces turpitudes charnelles, de ces tortures douceâtres,
Je suis par toi blâmable, je me soumets volontiers à ta question opiniâtre.
Je peux bien brûler en enfer, perdre mon âme, être privé d'oraison,
Je n'ai eu d'autres excuses à ce pillage, que de vouloir te voir perdre la raison.

De tout mon cœur, de toute mon âme, j'ai mis toute mon ardeur
A soudoyer tes sens, et répandre dans tes veines cette infernale chaleur
Destinée à te faire connaître les rives du nirvana, la béatitude du plaisir.
J'ai mis tout mon être en quête pour ne point à ma mission faillir.
Je me suis régalé à dévaster ta chair et me suis délecté de voir
Venir l'instant suprême de ta jouissance dont j'aurais voulu boire
Sans fin le lactescent sirop de corps d'homme gorgé de ta volupté.
Sur ton corps contenté, j'aurais aimé laper chaque goutte étalée,
Et ne point laisser perdre si précieuse et délectable marchandise.
N'y a t'il point de honte à autant de gourmandise ?
De ton dard repu, la dernière perle échappée me faisait déjà regretter
L'impatience de mon transport et l'enthousiasme de mes caresses exercées.
Depuis cette débauche des sens, je ne vis que dans la tenace appétence
De tes étreintes, de tes baisers, et de, par toi, l'éveil me mes sens ;
Mon cher Amant, j'espère subsister à la carence de nos étreintes…
Mon Amour, ne laisse point la flamme qui brule en moi s'éteindre
Laisse-moi espérer mon retour sur les rivages de tes désirs….
Mon Amour, reviens pour faire de moi l'esclave attaché à ton plaisir.

Le Galate mourant. Jardin du Château de Fontainebleau


C.BAILLY
Tous droits réservés
01/09/2009

2 commentaires:

  1. Rhoooooooooooo, BB est encore parti travailler !! magnifique lettre de manques !

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    Réponses
    1. Çà date de 2009 mon Bisouillon et publié au tout début de mon blog... Je remonte pour partager, à ce moment-là, je ne connaissais pas notre communauté...
      2009 déjà ! Une époque où il me semblait que chaque étreinte serait la dernière... Sans penser que je vivrais ce que je vis aujourd'hui...

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