De cet amour qui fleurissait en mon cœur, je ne savais quoi
penser. Était-ce le fruit de mon imagination, un aveuglement passager, ou
seulement une attirance physique irrésistible ? Non, je sentais bien
les bouleversements profonds de mon cœur, mais avec, du tréfonds de
mon âme naissait, l'angoisse…
L'angoisse d'un futur que je sentais poindre, mais dont j'ignorais
l'issue, celle d'un amour au masculin dont j'ignorais tout, celle de me
découvrir tel que j'étais réellement à mes yeux et au regard des
autres…
Le soir, au coucher, je me retrouvais face à moi-même et à mon angoisse…
Alors que le monde s'oublie dans le sommeil…
Angoisse, tu viens,
traîtresse, me cueillir.
Tu m'assailles comme
une terre à conquérir,
Tu assièges mon
esprit, pour qu'il se rende,
Trop rétif à ton
goût, tu me mets à l'amende.
Prisonnier, je suis, de
tes griffes acérées,
Tu me cloues au nid,
je suis piégé.
Tu presses ma
poitrine pour me faire sortir les larmes,
Tu lacères mon cœur
pour lui faire rendre les armes.
Je te sens en moi
immonde et possessive.
Tu parcours mes
veines, lascive,
Tu avives l'étincelle
de mon désespoir,
Sur moi, tu as tous
les pouvoirs.
Tu t'accapares de mes
restes d'illusion,
De mes terreurs, tu
fais la moisson.
Tu fais de moi une
terre brûlée.
Mon sens de la
réalité, hypnotisé.
Mon âme que ton chant monotone effleure,
Se laisse gagner peu
à peu par la torpeur.
Mes yeux se voilent,
en moi je ne vois plus,
Les sons se noient,
je ne m'entends plus.
Tu me tiens au
garrot, pour taire ma peur,
Ta tenaille, dans mes
entrailles demeure,
J'étouffe. Sur mon
lit étendu,
Finalement je
m'éteins, par toi vaincu.
C. Bailly
Tous droits réservés
23/10/2008
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