mardi 28 janvier 2014

Et après…

L'Age mûr - Camille Claudel
Musée d'Orsay
Ils sont sortis de ma vie.
Le froid les a envahis,
Sans leur laisser de sursis.
Ils ont rejoint les esprits

Qui hantent mon cœur déshérité
De leur Amour avec eux envolé.
Par leur absence ainsi châtié,
De ne pas les avoir assez aimés,

Je survis avec le regret
De ne point pouvoir aller
Les retrouver,
Là où ils se sont cachés.

Pour mon plus grand malheur,
Je n'ai pas le bonheur
De croire en le créateur
Et d'en être l'admirateur.

La chair a une fin
De notre esprit elle est l'écrin
Et sans elle, le divin
Ne peut combler notre faim.

La nature est ainsi faite,
Quelle défait d'une traite,
Ce qu'elle fait et maltraite,
Avec une indifférence parfaite,

De tout ce dont elle est la créatrice.
Des hommes elle est spéculatrice,
Elle se montre autant protectrice,
Que monstrueuse dévastatrice.

Ainsi elle établit ses lois,
Sur tous les êtres, sans émoi.
Alors, pour l'homme, pourquoi
Y aurait-il une autre voie ?

Ainsi donc pour moi,
Je te le dis, je prévois
De la nature être courtois,
Et d'accepter sans désarroi,

La seule pérennité que je conçois…
Rejoindre les Autres sans effroi,
Me métamorphoser pour l'éternité en non-moi,
Et subsister dans ton cœur comme chez moi.


C. BAILLY


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