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Jardin de Tuileries |
Dessous
la voûte à peine feuillue,
Par
la main, je t'ai emmené, nu,
Dépouillé
du solde de ta décence,
Prêt
pour de tendres impertinences.
Ton
corps, offert à mes inavouables projets,
Exposait
insolemment tous ces objets
A
mes inconvenantes et dévorantes convoitises,
Attisant
sans vergogne ma gourmandise.
A
tous ces fruits, si savamment présentés,
Je
ne pouvais plus égoïstement résister.
Ne
pas céder à tes alléchantes clémences
Eût
été, certes, d'une auguste indécence!
Vers
d'autres desseins bien plus héroïques,
Mon
impérieuse sensualité loin d'être stoïque,
Devant
tous tes charmes si bien affichés,
Entraînait
ton désir avec impétuosité.
Le
chant des mésanges tout excitées
Couvrait
à peine tes soupirs étouffés,
Témoins
de la souffrance de ton plaisir
Que
je m'évertuais sans réserve à t'offrir.
Ta
sève amoureuse gagnait du terrain ;
Elle
demandait sa délivrance à tes reins
Ondulant
comme une insaisissable couleuvre,
Sous
les effets de mes savantes manœuvres.
Ta
chair aspirait à se libérer sauvagement.
De
mon bonheur je prolongeais le temps.
A
bout de souffle, ce n'est que sous la caresse
D'une
brise audacieuse et enchanteresse,
Que
je te laissais t'échapper vers ce monde
Enchanté
où la jouissance dévergonde
Les
âmes vagabondes,
Où
l'Amour s'exonde et féconde.
C. BAILLY
Tous droits réservés
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