mardi 18 mars 2014

Avènement


  




Sous le lit de feuilles agonisantes,
J'entends, là, le bruissement furtif
D'un éveil imperceptible et chétif,
Annonciateur d'une ardeur renaissante.

Dans les bras nus et dégingandés
De nos précieux et illustres ombrages,
On jacasse tapageusement et sans ambages,
A qui mieux-mieux, de son arrivée.








La bise, tiédie par un rayon bienfaiteur,
Courbe l'échine, se fait moins vaillante.
Elle sait son temps compté, l'arrogante !
De laisser sa place, voici venue l'heure.

L'hiver traîne les pieds et se débarrasse
A contre cœur de son manteau d'hermine.
Artiste-peintre accompli, dame nature fulmine,
Balance sur sa toile quelques tâches vivaces.





Du blanc, au détour des jardins et des bois,
Du jaune, sur ma prairie encore endormie,
Où s'agite bruyamment l'imperturbable ennemi
De mon matou, beau merle moqueur et sournois.

En harmonie avec ce tohubohu retentissant,
Je sens fébrilement naître en moi un air de fête.
Mon sang, sans bouillir, fourmille dans ma tête,
M'assure, de son Éminence le Printemps, l'avènement.









C. Bailly
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