jeudi 6 mars 2014

Dis lui de m'emporter…


J'ai peur de voir venir le jour…
Où tu ne seras plus qu'un souvenir troublé
Dans ma mémoire tourmentée,
Où j'oublierai ton visage familier
Sur lequel je n'aurais pas vu passer
Le nombre des années,
Où je lirai ces vers pour toi déposés
Sur le papier, pour la postérité.
Je regarderai nos photos altérées
Par mes visites prolongées,
Comme autant d'images du passé.
Elles ne pourront plus rien me cacher.
Elles berceront mes vielles années.

J'ai peur de voir venir le jour…
Où je chercherai sur mon corps décharné,
Les traces de ton passage, emportées
Par la sénescence et le sablier,
Où seul subsistera, dans mon regard attristé
De vieillard affligé,
Un éclair allumé à ta seule pensée,

J'ai peur de voir venir le jour…
Où j'attendrai, une fois pour toute, d'être balayé
Par le vent de ma destinée, pour enfin de retrouver,
Où je payerai ma faiblesse d'homme par les regrets,
En larmes desséchées par le temps écoulé,
Comme autant d'immortelles déposées
Sur l'autel de notre Amour sacrifié.

Je sais!
Je sais que c'est ainsi que j'aurais à payer
Le tribut de notre Amour insensé.
Mon Amour, Mon tendre Amour…
Dis-moi!
Dis-moi que je ne serais pas ce vieillard
Au regard noyé dans d'insondables regrets.
Plutôt mourir que de te voir m'oublier!
Plutôt mourir que de te voir, de ma mémoire, effacé!
Plutôt la mort, que de vivre dans ce remords!
Plutôt la mort, que de connaître un tel sort!

Alors…Mon Ami, Mon Amour,
Dis lui, là, maintenant… de m'emporter
A l'apogée de mon Amour pour toi, consacré!
Dis lui, là, maintenant… de me faucher…

Ô Mon Ami ! Ô Mon Amour… Mon tendre Amour…

C. Bailly
Tous droits réservés


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