vendredi 7 mars 2014

Assauts





Je connais une insolente forteresse 
Ornée d'un très joli jardin sauvage. 
Je rêve assidûment d'en faire l'abordage 
A coups de baisers et de caresses. 

Fièrement dressée, elle me nargue 
Par ses outrageantes splendeurs, 
De son insolente et prestigieuse candeur, 
D’une noblesse effrontée, elle se targue. 

Elle fait de moi un bien piètre assaillant, 
Convaincu que ce n'est que par un siège 
Qu'il pourra vaincre et prendre au piège 
Cette beauté aux paysages attrayants. 

Point d'attaques franches, en revanche, 
Je prends alors les chemins détournés, 
Je traverse ses monts, forêts et vallées, 
J'arrive de bon matin sur les planches. 

Là, quand mon désir est à son zénith. 
Je monte à l'assaut, pour enfin cueillir 
Cette fleur qui me fait si souvent défaillir. 
De mon plaisir, il faut qu'elle s'acquitte ! 

La partie est longue, je dois l'assaillir, 
User de ruse et de savants stratagèmes 
Pour luis démontrer combien je l'aime, 
Que d'être vaincue n'est point faillir. 

A mes outrages peu à peu elle se fait. 
Sous mes mains douces et conquérantes, 
Elle se laisse amadouer par ma pénétrante, 
Alors, j'ai envie de faire son plaisir parfait. 

Je m'installe, je prends mes aises, 
Dans ce palais princier tant convoité. 
Dans la folie du désir, je viens y déposer 
Ma rosée et de mon plaisir la couronner. 

Les trompettes de la renommée 
Sonnent nos épousailles sensuelles. 
Vaincu, enfin, je baisse mon arme cruelle 
Je m'abandonne aux assauts de mon bien-aimé.


C. BAILLY
Tous droits réservés
21/05/2010

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