dimanche 18 mai 2014

Vénération

Quand l'orage, de ta passion, enfin se lasse, 
Quand la paix a raison de tes sens exaltés 
Et déploie ses ailes sur ton corps fatigué, 
Quand la nuit, de son silence, te terrasse. 

Je t'écoute … 
J'écoute le repos du vaillant guerrier. 
J'écoute le souffle apaisé de tes rêves, 
De nos ébats amoureux la douce trêve. 
De ton sommeil, je me fais le trésorier. 

Je te regarde… 
Dans la pénombre, je monte la garde. 
Fasciné, je contemple, le temps passé, 
Patiemment déposé sur ta toison argentée, 
Suppliant que pour nous il s'attarde. 

Je te sens… 
Je te respire, je me grise de tes senteurs, 
Qu'aucun jardin de roses, au monde, n'égale. 
Envoûté, sans me rassasier, je me régale 
Des fragrances de tes derniers bonheurs. 

Je te touche… 
Je pose, sur ton bouton de rose palpitant, 
Une chaste caresse, dans l'attente de voir 
Éclore l'objet de tous mes intimes espoirs, 
Sans toutefois ranimer le mâle somnolant. 

Mais… 
Le vacarme de mes pensées agite mon désir, 
Je contiens mon envie de réveiller la bête. 
Mais du bonheur de ma contemplation secrète, 
De te regarder dormir, je ne puis me dessaisir. 

Tu es là, dans la candeur de ton sommeil, 
Ignorant toutes les rêveries qui m'assiègent. 
De ta beauté, je me laisse prendre au piège. 
De ma chance de t'aimer, je m'émerveille. 

N'es-tu pas la plus belle chose qui puisse m'arriver ? 
Comblé, je m'endors, emportant avec moi, 
L'objet de mes indicibles émois…Toi ! 
Au creux de mes reins, mon ardeur reste éveillée.

Torse d’homme renversé de Jean-Germain Drouais

C. Bailly
Tous droits réservés
09/11/2010

Aucun commentaire:

Publier un commentaire