jeudi 24 avril 2014

Naufrage



Alors que j'errais comme un vaisseau fantôme, 

J'ai découvert sur la route de ma destinée 

Une île, perdue dans toute cette immensité, 

Où je traînais de mon mal-être les symptômes.


Ses paisibles rivages de sable chaud m'ont recueilli. 

Je n'étais alors, de moi, qu'une blafarde imitation, 

Le capitaine d'un navire sans pavillon en perdition, 

Où la mutinerie germait dans mon cœur d'insoumis. 


Mon âme attendait l'heure de son sabordage, 

D'être coulée, d'être emportée dans les abysses 

D'oublier les écueils de la vie, que cela en finisse, 

De céder à  mes sordides envies qui faisaient rage. 


Dans ses bras, d'un doux murmure, elle me berça, 

D'une marée d'amour, elle submergea mon cœur, 

D'un rayon d'espoir, elle balaya toutes mes rancœurs, 

De ses senteurs exotiques, ma douleur, l'anesthésia. 




Bientôt, je parcourrais tous ces monts et vallées, 

Pour y découvrir tous ses secrets, tous ses trésors. 

De son sein, je puisais la force de mon nouvel essor, 

Je retrouvais enfin la vie sous ces caresses alizées. 


De ces fruits défendus, j'assouvissais mes envies. 

À mes instances, elle répondait en concordance, 

Dans un déluge, offrait ses richesses à ma convenance. 

Elle manœuvrait pour me réconcilier avec la vie.
 

Sans résistance, elle se laissa intimement visiter, 

M'ouvrit son ventre généreux, sans aucune pudeur

Un noble Vendredi l'habitait, il devint mon Seigneur. 

À son cœur bien fait, j'arrimais ma nouvelle destinée. 


Soumis à tant d'amour, après tant d'errance, 

Je m'abandonnais aux saveurs du bonheur. 

De mon âme, je ne contenais plus la clameur, 

Au plaisir de vivre, je goûtais la luxuriance. 


Aujourd'hui, je ne regrette rien de ce naufrage,
 
Pas même de mon étrange destin, la mésalliance. 

Je connais cette fois les largesses de la résilience. 

Grâce à elle, j'oublie de ma naissance, les outrages.





Texte et Photos (Sète) C. Bailly
Tous droits réservés
14/10/2010

mercredi 23 avril 2014

Mon p'tit salopard


Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui sait mettre dans mon calbar
Le feu, même à plus de cent lieux,
Avec quelques mots insidieux.

Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui sais pertinemment que je pars,
Au quart de tour, sans plus de détours,
Avec un simple mais malin discours.

Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui sait descendre vivement le costard,
Pour moi s'effeuiller, et semer la tempête,
Irrémédiablement dans ma p'tite tête.

Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Un temps soit peu, délicieusement vicelard,
Aussitôt chez moi, c'est la canicule,
Mon minuscule s'affiche en majuscule.

Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui, en moi, sème son chambard.
A mes ordres, sans tarder, il s'effeuille,
Alors je retrouve son désir à mon seuil.

Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Un peu soudard mais bon au plumard,
Qui sait comment me faire de l'effet,
Me mettre sens dessus-dessous le buffet.

Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui aux lions, ne laisse pas sa part,
M'apprivoise de la tête aux pieds,
Il sait me prendre à contre-pied.

Dans mon cœur j'ai un p'tit salopard,
Devenu expert, maître dans l'art,
De faire de moi ce poète,
Prêt à en perdre sa tête.

Homme au bain - Caillebotte


C. Bailly
Tous droits réservés
13/10/2010


vendredi 18 avril 2014

Possession.


Je suis habité par un démon, 
Envoûté, possédé, ensorcelé. 
Comment de toi, m'exorciser. 
L'enfer embrase mon giron. 

Mon corps n'est plus que braises, 
Où coule une lave incandescente, 
Qui attend par toi sa délivrance, 
Que tu viennes, que tu l'apaises. 

Tu es mon Hadès et tu règnes 
En tyran sur mes Champs Elysées. 
En moi file l'indomptable Léthé, 
De désirs sulfureux, il m'imprègne. 

Mon Minos, de tes châtiments, 
Tu paves ma chair déjà brûlée 
Par tous tes baisers exaltés. 
J'attends ton dernier jugement. 

De tes inlassables tourments, 
Je me complais de l'opulence. 
J'aspire à leurs cruelles offenses, 
A mon plaisir, leur acharnement. 

Je te vends mon corps, mon âme, 
Oh ! Mon adorable Satan ! 
J'attends ton inflexible yatagan 
Et de son bon plaisir, la douce lame. 

Reçois mon cœur en sacrifice, 
Fait couler mon nectar divin. 
De ma chair, sers ta faim, 
Remplis tes licencieux offices ! 

Ose enfin ! Sers-toi, mais délivre-moi ! 
Avant que par mon amour, consumé, 
Je ne m'envole en fumée, enfin délivré 
Des mes turpitudes, de mes émois.


Dante et Virgile en Enfer  - William Bouguereau

C. Bailly
Tous droits réservés
08/10/2010 

Délivrance


Parfois me prend l'envie de mourir, 
En finir, 
Fuir. 

Ne plus être, de l'amour, le martyr, 
Ne plus avoir de désir, 
Oublier le plaisir. 

Ne plus parler d'avenir au devenir. 
Au loin m'enfuir, courir, courir… 
Ne plus avoir un jour à sourire, 
Un autre à rugir. 

Parfois me prend l'envie de mourir, 
De la tyrannie de la vie m'affranchir, 
Avant de décatir, 
Décrépir, 
Défaillir. 

A la veuve m'offrir. 
La laisser m'assaillir, 
M'engloutir. 
D'amour ne plus me meurtrir. 
A mon cœur désobéir. 

Parfois me prend l'envie de mourir, 
Ne plus, de moi, avoir à rougir 
Ne plus mentir, ne plus souffrir, 
Me laisser conduire 
Vers le dernier soupir, 
M'endormir, 
Me refroidir, 
Raidir, 
Dépérir, 
Et m'évanouir…

L'égalité devant la mort - Peinture de William Bouguereau,

C. Bailly
Tous droits réservés
06/10/2010

jeudi 10 avril 2014

L'essence de ma renaissance



Celui dont je suis né, ce n'est pas lui, mon père,
Pas celui dont j'ignore le visage, et de quoi mon cœur est fait en soit,
Pas celui dont je ne connais ni l'amour, ni un seul regard posé sur moi,
Ni celui à qui je dois ce que j'aurais pu ne pas être, ou ce que je suis,
Perdu, dans la foule de ces inconnus qui n'ont pas traversé ma vie.

Celui dont je suis né, c'est toi, c'est toi mon Amour,
Qui m'a révélé, fais naître en moi ce qui depuis si longtemps couvait,
Découvrir que je n'ai jamais été quelqu'un d'autre que celui que je sais,
Fait du même bois que toi, que tu as su si bien intensément allumer,
Qu'un feu intense maintenant brûle nuit et jour dans ma cheminée.

Celui dont je suis né, c'est toi, c'est toi mon Amour,
Toi, qui as fait éclore ce sentiment profond qui vers toi s'envole,
Toi, qui fais de moi, aujourd'hui, ce poète transi que son amour immole,
Toi, que j'ai cherché tout au long de l'interminable traversée de mon désert,
Toi qui as fait naître en moi une oasis de bien être dont tu es le geyser.

Celui dont je suis né, ce n'est pas lui, mon père,
Pas celui que j'ai cherché dans mes rêves obscurs sans jamais le trouver,
Pas celui par qui je dois le mérite d'exister, mais que je ne peux remercier,
Pas celui dont je n'ai traversé la destinée que l'espace d'un instant,
Pas celui à qui je ne dois rien de rien mais à qui, en fait je dois tout, pourtant.

Celui dont je suis né, c'est toi, c'est toi mon Amour,
Toi, qui as su faire vibrer ma chair comme au premier jour de mon humble vie,
Toi qui m'as soutiré mon premier cri de bonheur d'homme désormais accompli,
Toi que j'ai trouvé un jour sur mon chemin de mortel, au devenir en partance.
De Toi, j'ai tiré ma force de survivre. Tu es l'essence de ma renaissance.

La défense du foyer -
 Square Boulevard des Invalides
Paris

C. Bailly
Tous droites réservés
01/10/2010

Ton bonheur fait le mien



Sur les rives de ton impérieux désir,
J'ai trouvé une perle de rosée,
Cristalline, aux reflets satinés,
Où naissait ton fervent plaisir.

Pour mon ardeur à ton ouvrage,
De ces effluves, elle me récompense,
Gave pleinement ma concupiscence.
De mes papilles, elle rafle les suffrages.

Attisé, par sa suave succulence,
Je redouble d'empressement,
Curieux de voir l'avènement
D'une consœur, au bout de ta lance.

Sans attendre, tu me gratifies
D'une jumelle toute aussi belle,
M'incitant à ce péché véniel,
A ma gourmandise qu'elle vivifie.

C'est bien mal me connaître,
A tant de tentations, je me défie
De résister longtemps et fais fi
Des convenances que j'envoie paître.

Avide, goulûment, je m'empare
De ta source de jouissance,
Pour lui soutirer l'échéance
De ton bon plaisir, avec grand art.

De la profondeur de tes soupirs,
Je me gave d'encouragements,
J'œuvre sans ménagement
A la volupté que je te soutire.

De ton intimité toute souveraine,
Je sens monter dans ta fierté,
Le fruit de mes intrépides activités
Dispensées sur ton noble domaine.

A bout de souffle, de mes sévices rassasié,
Ton désir vaincu, enfin, me rend les armes.
Mon obligé, ton plaisir glorifié, me vend ton âme
Et me gratifie d'une rivière de perles nacrées.

A cet instant, ton bonheur fait le mien.

Jardin des tuileries - Paris

C. Bailly
Tous droits réservés
20/09/2010

samedi 5 avril 2014

Je sors de mes ténèbres…


Mon cœur, mon âme, mon corps sont au diapason,
Après des années passées à s'étriper les uns les autres.
Dans la douleur; après quarante années de gestation,
Je renais de mes cendres, dans la vérité, je me vautre.

De mon âme enfouie, à plus de six pieds sous terre,
S'élèvent les alléluias de ma résurrection retardée.
Je sors de l'ombre, je relève la tête, je peux être fier !
De cette fatalité, je me fais une nouvelle destinée.

De cette résurrection je n'attends pas de miracle,
Seulement le droit de vivre sans porter une croix,
De sortir mon cœur emprisonné, de son tabernacle.
De vivre mon évidence, j'en fais dignement le choix,

Au risque d'être couvert d'infamie, d'être désavoué.
Mon étoile rose, de la monter fièrement, enfin j'ose.
Les couleurs de l'arc en ciel m'étaient prédestinées,
A suivre cet étendard, sans honte, je me prédispose.

Et si d'aimer différemment est fait pour déplaire,
A ceux qui me renieront, j'offre mon cœur en pâture.
Ils y trouveront de l'amour tout mon savoir-faire,
Mais pas le renoncement à ma véritable nature.

Je n'ai pas fait tout ce chemin pour baisser la tête,
Pour mettre genou à terre, de ce que je suis, m'excuser.
Après tant de renoncements et toutes ces tempêtes,
En tout bien tout honneur, j'assume enfin ma fierté.

Je sors de mes ténèbres où je me suis si longtemps prostré.
Au grand jour, mon âme se libère de son insoutenable faix,
Accepte sans condition son atypique mais authentique identité.
Je peux bien mourir demain, avec moi-même, j'ai fait la paix.





C. Bailly
Tous droits réservés
30/09/2010

Fureur d'aimer



Avant que l'hiver ne soit mon unique saison

Avant que le gel ne durcisse à jamais mon cœur

Avant que mon âme ne soit qu'une profonde rancœur

Avant que je n'oublie à jamais ce qu'est un frisson

Je veux t'aimer…


Avant que mon sourire ne devienne une ride

Avant que mes yeux ne s'enferment dans leur écrin

Avant que mon désir ne soit qu'une peau de chagrin

Avant que mes mains fripées ne soient invalides

Je veux t'aimer…


Avant d'être sourd à tes mots d'amour feutrés

Avant d'oublier tes caresses et tes baisers torrides

Avant de voir mes dernières ardeurs devenir frigides

Avant d'avoir à désapprendre à t'aimer

Je veux t'aimer…


Je veux t'aimer…

Comme aucun autre n'a su t'aimer

Je veux t'aimer…

Je veux t'aimer…

Comme si je devaismourir d'aimer 

Et à ton corps mettre le feu !




C. Bailly
Tous droits réservés
19/09/2010

jeudi 3 avril 2014

Sur le chemin…




Sur le chemin que nous allons parcourir,
Je n'ai à t'offrir qu'un cœur égratigné.
Le tien, par son amour, devra le panser
Et par sa tendresse, l'aider à guérir.

Sur le chemin que nous allons partager,
Je n'ai à t'offrir que mon corps abîmé ;
Seules tes caresses expertes et avisées
Lui feront oublier le temps si vite passé.

Sur le chemin que nous allons découvrir,
Tu trouveras aussi mon âme en lambeaux,
Fais-lui oublier la margelle du tombeau,
Avec toi, elle pourra, pour sûr, rebondir.

Sur le chemin que nous allons arpenter,
Je t'offre ce que je suis, au prix de l'argus.
Tu aurais pu trouver à ce coût, meilleur gus,
Mais pas avec autant d'amour à t'allouer.

Sur le chemin où nous allons nous envoler,
Je sème, sous nos pas, des pétales de bonheur,
Dont nous serons ensemble les moissonneurs,
Pour le reste de notre existence partagée.

Forêt de Fontainebleau

C. Bailly
Tous droits réservés
04/08/2010

Mes larmes de bonheur



Quand j'entends tous ces doux mots d'amour,
Quand enfin de tes sentiments, tu brises le silence,
Quand j'entends de ton cœur, les exigences,
Quand tu me berces de paroles sans détour,

Il me vient des larmes de bonheur au cœur!

Quand tu me parles d'avenir et que j'en suis,
Quand tu me dis nous et que tu occultes je,
Quand tu me fais oublier mes jours ombrageux,
Quand tu me perces de ton regard alangui,

Il me vient des larmes de bonheur au cœur!

Quand je lis sur tes lèvres les discours attendus,
Quand j'écoute ton sein affolé, exacerbé par le désir,
Quand je respire ton corps parfumé de ton plaisir,
Quand  je vois dans tes yeux ton bonheur répandu,

Il me vient des larmes de bonheur au cœur!

Quand tu souffles l'amour pour sécher mes larmes,
Quand tu me caresses de l'espoir de vivre le bonheur,
Quand tu me laisses entrevoir de ton feu les ardeurs,
Quand tu me fais brandir, haut et fort, mes armes,

Il me vient des larmes de bonheur au cœur!

Quand de mon futur, tu prends sans hésiter le pas,
Quand pour mes combats, tu m'abreuves de courage,
Quand tu verses une larme de ton amour, en gage,
Quand de ma vie tu prends les rênes et guide mes pas,

Il me vient des larmes de bonheur au cœur!

Dans le secret de mon cœur je t'ai attendu toute une vie,
Dans le secret de mon âme, je t'ai tant espéré…
Dans le secret de mon corps, je t'ai tant désiré…
Qu'aujourd'hui tu es là. Je suis tien à la mort, à la vie!

Il me vient des larmes de bonheur au cœur!

Paris - Le jardin des Tuileries 

C. BAILLY
Tous droits réservés
03/08/2010




mercredi 2 avril 2014

Dans la maison vide



Dans la maison vide, je laisse mes rides.
L'ombre de nos souvenirs reste accroché
Aux murs dénudés sur le papier peint taché
Des traces de notre vie que le temps évide.

Elle résonne de l'échec annoncé de notre vie.
Je n'entends plus les cris de nos enfants,
Turbulents partis déjà depuis trop longtemps,
Ni le chant de l'amour, ni celui de l'envie.

Emportés ! Mes rêves de vieillesse sous ce toit,
Avec les tempêtes, les silences, l'indifférence.
Dehors le banc n'attend plus ma sénescence.
Le jardin en friche connaît le grand désarroi

De ne plus être foulé par nos pas, ni caressé
De mon regard, à la recherche d'un peu d'espoir.
En deuil de notre départ, de notre histoire,
Il laisse les dernières fleurs de l'été se faner.

Je ferme les volets sur notre passé partagé
Entre ces murs qui ont eu raison de nous,
Mis nos espérances et notre amour à genoux.
J'enferme avec mes illusions, mes regrets.

Je passe le pas de porte d'une nouvelle vie
Sans ce chez nous, sans ce toit… ni toi…
Ce rêve je l'ai vécu tout seul, jusqu'aux abois
J'ai cru pourtant longtemps à sa survie.

Dans la maison vide, je sèche mes pleurs…
Je donne un dernier tour de clé sur ce passé
Que je ne saurai pourtant jamais oublier.
Demain est un autre jour fait pour le bonheur,

… Avec quelqu'un d'autre que toi !



C. Bailly
Tous droits Réservés
03/08/2010

Intoxication


Pour te retrouver,
Mes doigts guidés
Par mon cœur sur le clavier,
Viennent doucement frapper

Des mots pleins d'amour
En prose, sans atours,
En vers, avec détours,
Sans trompette, ni tambour.

Ces mots, sous mes doigts,
Fourmillent pour toi.
Mon cœur aux abois,
En fait bon emploi,

Pour te confirmer
Cette belle idée
Que j'ai de t'aimer
Sans compter.

Dans ma tête ils accourent,
Sur l'écran, ils courent,
Avec soin, je les entoure,
Pour que tu les savoures.

En hâte, les mots rappliquent
Et en quelques clics
Agiles, j'intoxique
De ta messagerie, le trafic…




C. Bailly
Tous droits réservés
30/07/2010

lundi 31 mars 2014

Rédemption



Qu'il est long le chemin de la vérité !
Qu'il est interminable ce voyage obscur
Où des voies de l'amour on n’est point sûr
Où l'on garde son secret par charité.

Après de sombres années de silence,
Mon cœur muet s'ouvre, se dévoile.
Mon âme confie sa peine, ôte le voile.
A ma Mère, je fais l'ultime confidence,

De ne point être comme les autres,
De vivre dans le mensonge, l'infamie.
Mon indubitable vérité enfin s'épanouit.
L'objet de mes turpitudes se vautre.

A mon inexorable honte, un cœur s'ouvre,
Me rassure, me prouve son amour inespéré.
J'entends alors ses mots à peine escomptés.
D'aimantes, d'apaisantes paroles, il me couvre.

J'écoute son message de mère généreuse.
D'un revers, elle fauche cette lancinante peine,
Qui de ma vie, fût l'insoutenable souveraine,
Elle me libère de mes chaines honteuses.

Mon cœur vacille, mon âme enfin exulte.
De chaudes larmes débordent de bonheur,
Elles noient sans regrets ma vie de malheur.
Je renais des cendres de mon moi occulte.

Le soleil baigne mon berceau d'une lueur d'espoir,
Je sens sur moi se poser les ailes de l'amour…
Ma mère est là, elle m'entoure…
C'est la fin du purgatoire !


Ascencion, par Salvador Dali
Exposition Dali  2013 Centre Pompidou

C. BAILLY
Tous droits réservés
20/07/2010

Eau vive

Le Lot 

Sur ton corps dépouillé, l'eau vive
Endiablée court comme un feu follet.
Aventureuse et impertinente convive
Elle se joue de toi, te fait de l'effet.

Voluptueuse, hardie, elle se faufile
Là, où moi, je souhaiterais immiscer
Mes baisers et mes caresses agiles.
Sans détours, elle s'invite aux festivités.

De tes seins qu'elle durcit de sa froideur,
Elle titille les tétons sans vergogne,
Distribue sur ton ventre sa fraîcheur,
Se réchauffe de ton désir qu'elle besogne.

Sur ton corps dépouillé, l'eau vive,
Généreuse, étale sa rivière de diamants,
Te couvre de son innocence primitive,
Pour mieux faire de toi son amant.

Ensorcelé, tu abandonnes ta chair
A cette divine et savante maîtresse,
Qui sait de tes sens faire l'inventaire.
Jaloux, j'envie son insolente hardiesse.

Elle s'engouffre, là, où depuis longtemps,
Je convoite de faire un glorieux voyage.
Conquérante, elle fait sienne, en un instant,
Ce que je croyais être mon apanage.

Sur ton corps dépouillé, l'eau vive
Poursuit son chemin vers son destin,
Oubliant déjà sur toi ses prérogatives.
Infidèle, elle court vers un autre galantin.

Le froid bientôt te mord cruellement.
Les frissons de l'ivresse dissipés,
Déconfit, tu m'implores benoîtement.
J'ouvre mes bras, pour mieux te happer.

Infidèle amant, qu'allais tu chercher,
Dans ce ruisseau qui court la gueuse,
Quand mon cœur, à toi attaché,
Déborde d'affections amoureuses ?

Réchauffé par mon désir très assuré,
Tu présentes d'honorables allégations,
Que je ne puis plus longtemps refuser,
En signe ostentatoire de réconciliation.

Sur ton corps dépouillé, mes baisers
Courent comme des feux follets…
Sans  ton corps dépouillé, l'eau vive
Poursuit son chemin vers sa destinée…

Le Lot 



C. Bailly
Tous droits réservés
19/07/2010


dimanche 30 mars 2014

Accro de toi



Château de Fontainebleau
De toi, c'est incontestable, je suis accroc !
Il me suffit de te voir pour avoir les crocs.
De t'aimer, je suis conscient de ce raccroc.
A cet amour, promis! Je ne ferai d'accroc.
Parfois je me dis! Mais je l'aime de trop !
Mais vient à passer près de toi un escroc,
Qu'aussitôt, je l'avoue, je montre les crocs.
A tes cotés, trop heureux, je fais le fiérot.
Le soir, je quitte sans tarder le zinc du bistro
Pour te rejoindre vite, vite…Je file au trot.
A mon épanchement pour toi point de garrot.
Je t'aime ! C'est sûr ! C'est dans le tarot.
Pour toi, toujours prêt à faire mon numéro,
Je chanterai sous ton balcon Figaro ! Figaro !
En Amour, je veux devenir ton maestro,
Point de moderato tout en… Allegro !
Pour toi, sur ta couche, je serai ton torero.
Je te ferai valser à perdre la tête sur un tango
Je ferai de ton corps indécent un brasero.
Jour après jour, je resterai ton Roméo…
Jour après jour, j'écrirai pour toi mon romancero…






C. Bailly
Tous droits réservés
08/07/2010

vendredi 28 mars 2014

Offrandes

Hercule - Château de Vaux le Vicomte


Je n'ai que moi à t'offrir, 

  Alors si le cœur t'en dit,

Viens, viens me cueillir,

Le mien, pour toi, fleurit.



Nourri de ta réalité,

Bercé de ton Amour,

Arrosé de tes baisers.

Vers toi il accourt,



Hercule - Château de Vaux le Vicomte



Au travers des prairies,

Au dessus des mers,

Par delà mes rêveries,

Pour retrouver ta terre.



Enfouir ses racines,

Au fond de ton corps,

Satisfaire sa famine,

Pour enfin éclore,



Hercule - Château de Vaux le Vicomte


D'une fleur sauvage,

Qui se laisse conquérir,

Par les beaux suffrages,

De qui sait la faire languir.



Je n'ai que moi à t'offrir,

Le parfum de mon âme,

Que tu peux cueillir

Avant qu'elle ne se fane,



Hercule - Château de Vaux le Vicomte


Comme une rose écarlate,

Par un beau matin,

Dans la main indélicate,

D'un funeste destin.



Je n'ai que moi à t'offrir,

Aux modestes présents,

Aux lendemains au devenir

De tes nobles sentiments.





C. Bailly
Tous droits réservés
13/07/2010