vendredi 26 juin 2026

À nos vingt ans !

 

Je t'attendais, là,

nu

fébrile,

offert à la douceur

d'un soir de juin,

sous la canopée

encore fraîche de sa jeunesse,

odorante et printanière,

adossé à la barrière.

 




  Un rayon de lune

timide

filtrait à travers le feuillage

me dévoilant

dans la nuit

aux regards avertis

d'âmes chasseresses

en mal de mâles

vigoureux.



 

 

 

J'étais le gibier,

à l'affût

d'un chasseur d'homme

qui me dénicherait

pour faire bonne chair

et assumer sa faim,

sa charnelle intempérance

irrésistible.






 D'un halo lumineux,

nu

tu surgis dans le soir

éblouissant de désir.

J'étais conquis

avant même le duel

de nos sexes

empressés. 

 




Dans la nuit nos corps

dénudés

se reconnurent au toucher

dans l'urgence enfiévrée,

avant même nos cœurs,

avant même les échanges

de nos corps avides,

à même l'humus

complice.

 




Comme deux amants

affranchis,

sans condition aucune

nous laissâmes

nos sens se libérer

exprimer leur réalité

avec la rage de l'amour

naissant

ignorant le futur

qui déjà nous guettait,

impatient !




C'est là,

dans cet humus

que prit racine

notre passion

restée depuis

inaltérée.

 




Christian Bailly

Tous droits réservés

25/06/2026

vendredi 19 juin 2026

Comme des fous

 

Autoportrait


Et si l'on baisait comme des fous,

Comme des bêtes sauvages !

Soyons tour à tour femelle ou mâle,

Offrons-nous telle une chienne en chaleur

Ou baisons comme un étalon en rut...

 

Du net

Gémissons de douleur,

Geignons de plaisir

Ou grognons de satisfaction ;

Alors, nous en redemandons,

Ou nous en redonnons,

Pour lire dans les yeux de l'autre

Le contentement de prendre ou d'être pris...

Ce bonheur n'a pas de prix.

C'est la récompense d'aimer et d'être aimé...

 

Du net

Alors, quand nos corps se libèrent

De leurs besoins de sexe,

Rien d'autre au monde ne compte,

Que de voir,

Que de sentir l'autre jouir...

S'épancher avec la rage de l'amour.

 

Buds

Libérons cette onde venue tout droit

Des abysses de nos entrailles.

Délivrons-nous de notre magma

Déchargeons-nous

Ou sentons notre chair envahie,

Submergée.

 

En duo, laissons échapper

Notre râle de bêtes  fauves...

Puis, à bout de souffle,

Hors d'haleine,

Affalons-nous

Pour doucement nous éteindre

Et connaître le coma du plaisir...


Du net



Christian Bailly
Tous droits réservés
19/06/2026