Contemplation hivernale
Le soleil d'hiver effleure la campagne endormie
De ses rayons frêles et timides, touchés par l'anémie.
Au travers des aulnes ancestraux et échevelés
Il dessine leurs tristes ombres dégingandées,
Au creux des chemins labourés par le temps
Et le passage des bovins aux pas pesants.
Sur le tapis roussi de feuilles abandonnées,
Leurs silhouettes s'allongent dans les prés désertés
Où l'aquilon retrouve sa résidence d'hiver oubliée
Et s'accroche aux branches cagneuses et endeuillées.
Le village blotti dans son manteau hivernal
S'endort paisiblement, dans le silence pastoral
Déchiré par les tronçonneuses à l'ouvrage.
Les cloches séculaires, sourdes à l'hivernage,
Rythment le temps de la campagne environnante,
Des villageois affairés, et de la nature somnolente.
Loin du bourdonnement d'un monde qui s'agite,
Ici, les folies effrénées des cités sont interdites.
C'est avec patience que le printemps ressuscite,
Alors, ses douceurs et ses bienfaits se méritent.
Il me semble, l'espace d'un instant suspendu,
Revivre toute une époque aujourd'hui révolue.
Je retrouve la campagne de mes vertes années.
Je me laisse à rêver à ces moments du passé
Où je galopais, le cœur leger, les bottes crottées,
Comme un enfant sauvage, la goutte au nez,
À travers les prés ou les champs labourés,
Les bois et les ruisseaux qui me voyaient grandir,
Chaque jour, m'enhardir à plus loin les parcourir.
Qu'elle est loin aujourd'hui cette jeunesse,
Insouciante, toute à ses innocentes ivresses.
Au loin,
Aux griffures de l'hiver, le soleil, déjà, succombe
D'une ample robe de sang, il habille sa tombe
Indifférent, le temps ne lui accorde aucun sursis
La ceinture de Vénus enserre l'horizon obscurci.
Ce crépuscule qui sombre semble contempler
Ma vie, alors que je suis à l'automne de ma destinée.
à Jean-François de Neck - Ami et Poète
Textes et photos (Campagne autour de La Neuville-aux-Joütes - Ardennes) Christian Bailly
Tous droits réservés
08/12/2016
revisité le 05/03/2026
mot clef : Thèmes - enfance
Encore, au moins, trente printemps au soleil de ton sourire !
RépondreSupprimerPourquoi pas , çà serait déjà pas mal, même si j'en doute un peu...
SupprimerMerci mon Bisouillon
Qu'il est doux de ce promener entre tes mots.....
RépondreSupprimerme voilà prise à faire une deuxième fois la promenade
Merci Christian
De rien Claire... En souvenir de notre rencontre...
SupprimerAvec mes plus belles amitiés
Tu viens d'écrire ici un magnifique poème dans lequel je retrouve mon cadre de vie. J'ai même vu il y a quelques jours à peine des débardeurs avec leurs puissants chevaux de trait ardennais, ce qui devient de plus en plus rare.
RépondreSupprimerEt bien figure toi que ce texte, je le dois à la visite que nous avons faite il y a 15 jours à des amis (chez Jean-François de Neck et sa femme Claire Dessicy, voir ci-dessus) qui habitent justement à la limite des Ardennes françaises, La Neuville-aux-Joûtes exactement ... Dans l'après-midi, nous sommes allés faire une promenade qui m'a inspiré ce poème... Je suis très heureux de voir que tu aies reconnu cette campagne...
SupprimerJ'adore l'automne pour ses couleurs! en ce sens, il vaut mieux que toute autre saison!
RépondreSupprimerC'est vrai que nous devons à l'automne cette palette magnifique de couleurs qui tous les ans m'enchantent, je l'avoue... Mais je ne sais pas pourquoi, je suis toujours pris d'un certain malaise alors, et d'une certaine mélancolie qui m'assaille jusqu'à début janvier... Et tous les ans, c'est la même chose...
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