samedi 12 novembre 2016

Natacha

Georgy Kurasov

Au coin de la rue, tu étais là,
Rue Lepic, tout en bas
Présente et transparente.
Que tu sois là ou absente
Personne ne semblait le remarquer
À part moi et tes habitués.
D'un blond cendré, sans maquillage
Extravagant comme le veut l'usage
Sans tenue outrageante,
Ni pose provocante,
Ton corsage légèrement ouvert,
Été comme hiver
Laissait entrevoir la naissance
De tes seins, sans indécence,
Savamment cachés
Mais discrètement avantagés.
Ta jupe courte, mais pas trop
Aguichais les matelots
Et laissait apprécier
Tes longues jambes fuselées.






Georgy Kurasov

Au mur, adossée, tu fumais une blonde
Et mesurais le temps au nombre
De mégots abandonnés à tes pieds
De talons aiguille chaussés.
Pour moi, tu n'étais pas Carla
Ni Lisa, mais Natacha
Tu m'inspirais les terres de l'Oural
De la Russie, les images picturales
Les troïkas, les violons et les balalaïkas.
Ah ! Natacha que faisais-tu là?
Je le savais, mais me taisais.
L'envie de t'aborder me démangeait
Autant d'ailleurs que mon adolescence
Qui attisait mes sens en effervescence
Inspiré par d'autres rivages inconnus
Par des amours inavouables
Des amours coupables
Un jour viendrait…. Peut-être…








Georgy Kurasov


Ce jour, pourtant, n'est pas venu.
Du moins avant, que tu n'aies disparu. 
Laissant dans ma mémoire
L'icône d'une princesse  du trottoir,
Le souvenir d'un fruit défendu
Dans lequel je n'aurai jamais mordu.















Georgy Kurasov



Aujourd'hui encore, s'il me vient à passer
À la croisée de mes jeunes années,
Au bas de la rue Lepic
Je cherche du regard ta frimousse angélique.
Je repense alors à cette époque de ma vie,
Où à l'écoute de mes envies
Torturé par mes étranges désirs,
J'attendais secrètement de découvrir ce plaisir,
Que je ne découvrirai jamais dans tes draps.
Comme je t'enviais alors d'être dans les bras
De tous ces jeunes et vigoureux marins,
Moi qui attendais l'amour au masculin.
Ah ! Natacha ! Si tu savais
Ce que la vie me réservait…








Christian Bailly
Tous droits réservés
20/10/2009

8 commentaires:

  1. .. Je suis sur le cul d'un scénario cinématographique .. j'adore !

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    1. Merci mon Bisouillon !!! Oui bonne idée ... Et c'est une histoire vraie !!! ;-)
      Bonne journée mon ami

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  2. Bravo! je te le dis en italien!!!

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    1. Merci mon ami ! Oui je l'entend chanter ... J'adore entendre parler italien... C'est une belle musique à mon oreille
      Bonne journée à toi

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  3. viens voir mon dernier post que t'aimeras:
    http://menforxersex.blogspot.it/2016/11/love-tendernessamour-et-tendresse.html

    bonne dimanche caro amico innamorato!

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    1. Merci ! je m'en vais de ce pas le découvrir...
      A bientôt !

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  4. N'étant pas Parisien, je n'ai jamais fréquenté la rue Lepic. Lorsque j'étais lycéen, je passais régulièrement par deux rues liégeoises où les dames peu vêtues s'exposaient en vitrine. J'avoue qu'elles ne m'ont jamais inspiré autant que ta Natacha.
    Bisous à toi et à ton Bébé.

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    1. Oui toute une époque où je ne savais pas vraiment où j'en étais...
      J'ai fini par faire un essai avec une autre (à l'époque çà se faisait), et çà n'a pas été probant du tout... Et pour cause ! C'était un avertissement que je n'ai pas vraiment voulu voir à l'époque... D'où la suite des événements !!! J'aurais dû me fier à mes premières impressions... Sauf que je n'aurais pas eu deux belles-filles et tout leur amour... La vie nous réserve ses surprises quand on s'y attend le moins...
      Bisous mon ami

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