jeudi 19 juin 2014

Petits bonheurs matinaux



Dans la pâleur d'une aube hivernale,
Encore baignés des brumes du sommeil,
Nos corps désunis par la nuit s'appellent.
Au creux de mon cou, soudain se pose
Délicatement ton souffle, il me réveille.
Doucement, tu t'imbriques contre moi.
Je me love, je me niche, douillettement.
De ton bras, sans tarder, tu m'enveloppes.
Je me résigne à ce bonheur tout simple.
Être ton prisonnier sans l'once d'un regret.

Tes mains flânent sur un terrain conquis.
Du bout des doigts, tu amuses mes tétons,
Avec malice, les tourmentes, les martyrises.
Quand à ta convenance, tu les trouves aguerris,
Tu les abandonnes pour d'autres latitudes
Où déjà s'éveille en silence un volcan.
Contre mes reins, ta chair désireuse frémit.
Je sens bientôt ton monstre impertinent
Devenir intrépide, indécemment s'enhardir.
Sa témérité n'est pas pour me déplaire.
Le bonheur parcourt nos chairs qui s'éveillent

Tes mains, très expertes, sur moi s'activent,
Adroitement réaniment le démon assoupi.
Le voilà qui rayonne, et impose son dicta
A mes entrailles tyrannisées de toutes parts.
Tu joues avec mon feu, je me consume.
Sous tes caresses, mon corps se convulse,
Demande grâce, inassouvi en redemande.
Ton désir avec outrecuidance me harcèle.
Je le sens, là, qui palpite, frémit contre moi.
Impossible désormais de rebrousser chemin.
Je me gorge de ce bonheur… être désiré

Nos chairs engagées sur les voies du désir
Se lancent à corps perdu dans l'aventure
Pour redécouvrir du plaisir la divine douleur.
Je deviens enragé, un loup, de toi, affamé.
Je dévore ton corps qui s'offre en pâture.
A ton plaisir ultime je veux me sacrifier,
Ne laisser aucun bon morceau de coté.
Tu t'abandonnes à tous mes outrages.
Je prends ce que voluptueusement tu offres.
Je t'offre impudiquement, de moi, le meilleur.
Une vague de plaisir soudain nous submerge
Consume en un instant notre désir partagé.
Dans les bras l'un de l'autre, alors apaisés
Nous goûtons le bonheur d'être l'un à l'autre.



Dessin de Chris Lopez.

Christian Bailly
Tous droits réservés
19/01/2011

2 commentaires:

  1. ...si ce n'est que la petite mort...tu vas t'en remettre très vite, j'en suis certain !

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