lundi 2 juin 2014

Charnelle intempérance


Des rivages audacieux de ton corps je sens les senteurs amoureuses 
Embrumer mon cœur vulnérable, envoûter mon âme prisonnière. 
Esclave de mes sens, j'abandonne toute résistance en la matière. 
A leur dictât, je concède ma constance et ma volonté hasardeuse. 

Ainsi subjugué, je me laisse transporter pour un nouveau monde. 
Je perds le contrôle de mon âme, tu prends en main mon corps, 
Savamment le gouverne à ta guise. Je ne suis plus timonier à bord. 
Vers les abîmes de tes tyranniques envies, ainsi je vagabonde. 

Tes fruits défendus exhalent de sensuels effluves de désir ; 
Possédé par le mal qui gronde en moi, sur eux je me dévergonde. 
J'oublie qui je suis; intimes, femelle et mâle, en moi, se confondent. 
Je ne sais plus vraiment par quel bout brûler la chandelle du plaisir. 

Ivre d'amour, je me laisse emporter par tes voluptueuses caresses ; 
Du chien et de la chienne tu deviens sur le champ, l'indéniable maître. 
En furie, mon corps, forcené, contre toi se love pour mieux te connaître, 
Se cambre, se révolte même, pour enfin se soumettre à ton ivresse. 

Ma chair se débat entre l'envie de se voir violée, et celle de te posséder. 
De sa faim ou de sa soif, elle ne sait, de laquelle, contenter la satiété. 
De mes hésitations, ton désir se targue, doutant des vertus de la sobriété. 
Il se pavane, se pâme, et perle profusément de trop vouloir triompher. 

A tes assauts, ma forteresse cède, tu es là sur le seuil, en vainqueur ! 
Ma chair n'est plus qu'un brasier, de toi, elle attend sa délivrance. 
En souverain, tu me prends et laisses parler ta charnelle intempérance. 
Je ne lui discute pas sa valeur, de ma jouissance je lui offre la primeur. 

En moi, je sens ton volcan se réveiller, et jaillir sa lave incandescente. 
Mes entrailles se convulsent. A tes rugissements répondent mes soupirs. 
De la fusion de nos corps, nos âmes, pour leur communion, s'inspirent. 
Tous deux exaucés, intimement, nous savourons notre passion grandissante.

Sketch of Nude...Henry Scott Tuke

Jeunes garçons midi gays - Henry Scott


Christian Bailly
Tous droits réservés
03/12/2010

6 commentaires:

  1. Lorsque le volcan se réveille le volcanologue exulte. Bel écrit mon cher Christian

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    1. Vite, vite avant qu'il s'éteigne...
      Merci Jack !
      Amicales pensées.
      Christian

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  2. bonsoir christian
    merci de ce texte sensuel empli de fragrance
    mes amitiés

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    1. Merci beaucoup Véronique. Ton avis me fait très plaisir.
      Avec mes plus belles amitiés
      Christian

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  3. Votre poème m'a réellement émue...émotions à l'état pur....sincérité des sentiments....comme on aimerait partager de tels moments dans notre propre vie...merci Hélène mariau

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    1. Merci beaucoup Hélène, je suis très touché par votre commentaire. Il me va droit au coeur.
      Mais vos derniers mots m'interpellent, ils semblent parfumés de regret et cela me peine.
      J'ai un peu honte du coup d'étaler si impudiquement mon bonheur, même si j'ai dû attendre pour toucher ses rivages...
      De tout coeur avec vous...
      Amitiés poétiques
      Christian

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