mercredi 16 décembre 2015

Mea-culpa !

William Etty




Je suis, Ma Belle, ce que je suis...
C'est-à-dire peu de chose ... En vérité !
Mais quand de moi sera repue la vie,
Je ne veux pour mon humble postérité,

Point de mausolée, point de pierre
Que l'on se sente le besoin de visiter
Et venir y faire quelques manières
Pour y déposer des fleurs condamnées,

Seulement le cœur de ceux que j'ai aimés
Qui m'ont gratifié de leurs sentiments.
Vous en êtes, Ma Belle, soyez assurée
Je vous ai aimée, manifestement.

Si de mon vivant, j'ai pu vous offenser,
Ne soyez pas le restant de votre temps,
Ma Belle, contre moi si indignée
Ou à cultiver tant de ressentiments.

Rien ne vaut d'aussi longues querelles.
Soyez indulgente, grand bien vous fasse !
Je n'aurais été qu'un homme rebelle,
En moi, de haine, pas la moindre trace.

Un homme, rien de pire, mais rien de mieux !
Avant mon dernier souffle, Ma Belle, entendez
Mon mea-culpa, mon regret pour ce contentieux,
Ne pas avoir été celui que vous attendiez.

Puissiez-vous, Ma Belle, un jour me pardonner 
Cette offense que je paye à crédit sur ma vie
Depuis déjà longtemps et pour des années,
Ma douloureuse infortune d'être ce que je suis,

D'être celui que j'aurais voulu ne point être…
D'être celui qui ne vous a point mérité.


William Etty

A mon ex-épouse Martine
La seule femme de ma vie
Qui reste ma meilleur amie.



Illustrations: Tableau par W. Etty
Christian Bailly
Tous droits réservés
24/12/2011

mardi 15 décembre 2015

Quand se meurt le poète



Quand se meurt le poète,
Sa plume chagrine se pose,
Près d'elle, pâle, une rose
S'évanouis et le regrette.

Lui qui chantait l'amour,
La beauté, les ivresses,
De la nature, la richesse,
Et aux roses faisait la cour.

Quand se meurt le poète,
L'encrier de larmes rempli,
S'épanche sur le manuscrit
Aux pages restées muettes.

L'Hiver tombe sur le jardin,
Les arbres crèvent les nues
De leur triste déconvenue,
Le ciel se voile de chagrin.

Quand se meurt le poète,
L'amour prend le deuil,
Suit en pleurs son cercueil,
Avant de partir en quête

D'un nouveau troubadour
Qui chantera l'espérance,
La tolérance et l'arrogance,
Du poète gisant, les amours.

Quand se meurt le poète,
Les mots veulent en finir,
Ils n'ont plus rien à dire,
Ils ne sont plus de la fête.

En vers ou bien en prose,
Dans un profond silence,
Ils attendent la naissance,
D'un jeune poète à la rose.

Quand se meurt le poète,
L'amour perd un amant,
L'amitié perd un soupirant,
Le monde pleure un prophète.

La mort de Chatterton » 1856- Henry Wallis


A Jean Pierre-Pierre Hallegen 
Avec mes respectueux hommages.
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/poemes/jean_pierre_halleguen/souffrance.html


Christian Bailly
Tous droits réservés
20/12/2011

Capitulation

par Geoff Ault

Quand, plongé dans mes rêves érotiques,

Tu viens frôler leur consistance physique,

Je me laisse aller à ce voyage fantastique,

Je m'abandonne à tes désirs frénétiques.



Au creux de mes reins, le pôle magnétique

De mes envies se montre plus despotique.

De mon corps, de ses points névralgiques,

Tu sais toutes les faiblesses stratégiques.



Consciencieux, à mon plaisir, tu t'appliques.

Tu connais de la volupté, les habiles pratiques.

Sous tes caresses et tes baisers tyranniques,

Mon corps subit des secousses telluriques.



De la bienséance, sur moi, tu violes l'éthique.

Ma chair prise de convulsions épileptiques

Se laisse emporter par tes jeux diaboliques.

Je ne résiste plus à ton traitement drastique.


Dans un dernier gémissement impudique,

J'abdique…


Christian Bailly
Tous droits réservés
13/12/2015

lundi 14 décembre 2015

Cycle


Forêt de Fontainebleau en automne

Avant que les arbres ne rident le ciel gris,
L'automne réchauffe nos cœurs déjà transis
De ses couleurs qui font pâlir le printemps,
Et couvre d'or, nos forêts et nos champs.

Déjà, les jours s'épuisent, laissent les nuits
Prendre le pas sur le temps qui ralentit.
La terre féconde s'endort profondément,
Sans vouloir renoncer à ses enfantements.


Forêt de Fontainebleau en hiver


De ses entrailles déjà labourées, s'envolent
En brumes oppressantes, nos espoirs frivoles.
Pour seulement le temps d'une morne saison,
L'hiver pose sur nous son manteau de frissons.

La nature, sagement, repose sa vielle carcasse,
En attendant le retour des jours plus vivaces.
Les hommes intrépides et cupides, s'agitent,
Insultent et défient des saisons, l'immuable rite.

Forêt de Fontainebleau au printemps

Lentement, la grisaille s'effrite, de guerre lasse
Abandonne la partie, et laisser enfin sa place
Au renouveau qui sommeillait paisiblement,
Patient, laissant au temps qu'il faut, le temps.

Chaque jour, le soleil allonge sa course d'un pas.
Les couleurs s'enhardissent pour fêter le trépas
Des jours sombres, et couvrent nos campagnes.
La confiance et la joie de vivre nous regagnent

Il n'y a pas plus belle et plus féconde saison
Que le printemps qui affriole nos passions.
Les cœurs, en fête, jubilent, les corps frétillent.
La nature, de toute part, de bonheur, pétille.

Champ de coquelicots

À voir autant d'ardeur, l'été se presse d'arriver.
Il est temps pour lui de mettre bas, d'enfanter.
Partout, ce n'est que babillages et moissonnages.
La terre de toute part nous offre ses avantages.

Peut-on rester insensible à tant de générosité ?
Comment ne pas s'émouvoir de tant de beauté ?
Même si parfois, elle répond à notre arrogance,
Soyons indulgents et conscients de notre chance.


Nous ne sommes que les éphémères habitants
De ce vaisseau qui traverse la nuit des temps…

Forêt de Fontainebleau en été




Photos personnelles
Christian Bailly
Tous droits réservés
25/11/2015

Jouissance

de Mel Odom

Sur mes lèvres, une goutte,
En présage d'abondance,
Avant-goût de ta jouissance
Qui inondera ma bouche.
À tel pot, telle louche !

Je me régale de ses effluves.
Gourmet de tes aumônes,
Je me grise de son arôme,
Me réjouis de son affluence,
Promesse de réjouissance.

De mes ardentes dévotions,
Voici venir l'instant propice,
Ma bouche comme un calice,
Prête à recueillir ton offrande,
S'ouvre grande et quémande.

De ton bas-ventre volcanique,
Ta verge farouche et arrogante,
Me crache sa lave opalescente.
Friand de cette gourmandise
Chacune de tes salves me grise.

Bientôt, tu noies ma bouche,
De ton foutre engrangé,
Au goût suave et acidulé.
Mes papilles sont conquises,
Cette friandise se révèle exquise

Charitable, ta verge audacieuse,
Dans un dernier élan, dégorge,
M'accorde au fond de la gorge
Le tribut de son ultime assaut,
Et se décharge de son fardeau.

Au comble du bonheur,
Gavé du jus de tes ardeurs,
Je me pâme…
Et à mon tour, me répands…


du net

Christian Bailly
Tus droits réservés
14/12/2015

dimanche 13 décembre 2015

Donne-moi…



Donne-moi ce tout petit peu de toi
Qui vaut tant pour moi,
L'extrait,
L'intime,
Le sublime,
De ton corps d'homme.

Donne-moi, de tes fascinants atours,
La preuve de ton amour,
L'élixir, 
L'essence, 
La quintessence,
De ta chair amoureuse.

Donne-moi, de tes viriles splendeurs,
Ce qui fait mon bonheur,
Le divin,
Le céleste,
Le zeste,
De tes désirs de mortel. 

Donne-moi de ta substance consumée,
De quoi me camer,
Ma défonce,
Ma dose, 
Mon overdose,
Sans, je me meurs d'amour…

Cornelius McCarthy

Christian Bailly
Tous droits réservés
13/12/2015

samedi 12 décembre 2015

Source


Dessous les buissons,
Un intime geyser,
Attend, impatiemment, d'être découvert.

Troubles ou limpides...
Il y a en cette humanité,
Des sources auxquelles on ne peut résister.

Habilement soutirée,
À qui sait se baisser,
Il n'y a pas loin alors, du calice aux lèvres.

Une bouche entrouverte,
Sur une brèche offerte,
Sous un ciel de lit d'amour et de félicité.

Coule jolie source,
Coule vers mes lèvres,
J'espère tes bienfaits, pour apaiser ma fièvre.

Double Trouble  by Donald Rizzo.
Christian Bailly
Tout droits réservés
12/12/2015

mercredi 9 décembre 2015

Je te dois…

Illustration : Rick Herold

Je te dois,

Ma liberté de vivre enfin ce que je suis,

D'exister corps et âme enfin réconciliés,

De renaître de mes cendres refroidies

Pour m'enflammer comme un brasier.



Je te dois,

De revivre l'éternel retour du printemps

Dans ce corps bien mûr et quinquagénaire,

De sentir couler la sève de mes vingt ans

À nouveau dans mes veines et ma chair.



Je te dois,

De voir refleurir mon jardin imaginaire

Parsemé de pensées d'amour et de roses,

De voir honoré avec ferveur le sanctuaire

Où se prophétisent des désirs, l'apothéose.


Je te dois,

Le plaisir d'entendre le chant de tes soupirs

Qui m'annonce tes marques de dévotion,

Ta rosée matinale que j'attends de cueillir.

Je te dois de me sentir aimer avec passion..




Je te dois,

D'entendre nos cœurs vibrer au diapason

Et de voir nos âmes s'aimer à l'unisson.

D'aimer enfin comme jamais je n'ai aimé,

D'être aimé comme jamais je n'ai été aimé.

Ô. Mon Amour ! Pour tout cela, je te dis





Bien peu de chose. Je te dis : merci! 







Christian Bailly
Tous droits réservés
21/11/2011

mardi 8 décembre 2015

Caresses



Quand, sur moi, tes caresses
Se pressent,

Avec voluptueuses adresses
Professent
Tes prochaines prouesses.

Quand, sur moi, tes caresses
S'aventurent,
Avec astucieuses hardiesses,
S'associent
Avec ton désir qui se dresse.

Quand, sur moi, tes caresses
Me transgressent,
Avec savantes impolitesses,
Abusent
De mes charnelles faiblesses.

Mon âme grande pécheresse
S'abandonne
À tes captivantes indélicatesses,
S'impatiente,
L'heure n'est plus aux promesses.

Tes viriles et efficientes rudesses
Me blessent.
Soumis à leurs cruelles ivresses
J'abdique.
De ton plaisir, je sais les largesses.

Ô mon amour, mon amant !
Je sens venir la grand-messe…

Le temps presse !

Offre à ma chair en liesse
Les intimes richesses
De ta jeunesse !


du net 


Christian Bailly
Tous droits réservés
08/12/2015

samedi 5 décembre 2015

Chevauchée

 K. Kmencher






À l'ombre des fourrés,
Au plus sombre de ton pré privé,
Somnole mon idole.
Le soir, si souvent, il m'affole.

À ce vénérable animal,
Je ne veux pas le moindre mal,
Même si pour son bien,
Je me conduis comme un vaurien.

Un peu sauvage,
Il sait comment faire des ravages
Sur mes terres,
Quand il est dur comme la pierre.






 K. Kmencher



Quand je lâche la bride,
Il devient sur-le-champ intrépide,
Rue dans mes brancards,
À la manière affirmée d'un soudard.

À ses charges d'étalon,
Je lui abandonne alors mon giron.
À sa fureur audacieuse,
Mes intimes attentes licencieuses.

Au plaisir, plus d'obstacles,
J'attends de voir venir sa débâcle,
Pour faire le grand saut,
Dans la passion de son dernier assaut.








Alors…

Au chant de nos corps,
Triomphants, cabrés dans l'ultime effort,
Nos dépouilles fusionnées
S'affalent sur la couche de notre hyménée.


 K. Kmencher

Félix d'Eon




Christian Bailly
Tous droits réservés
26/10/2015

Affliction automnale





Photo Christian Bailly


Le vent monotone de l'automne

Souffle sur mon cœur qui frissonne.

La nature abandonne son trésor.

De mes pas, je foule ses écus d'or.


Photo Christian Bailly


La grisaille brumeuse du ciel, griffé

Par les branches nues et décharnées,

Me couvre d'un manteau de tristesse,

Étouffe mes dernières allégresses.



Le soleil pâle s'incline, au désespoir,

Des beaux jours, il ferme le grimoire.

L'hiver griffonne sa triste symphonie.

Mon âme est envahie de sa mélancolie.


Photo Christian Bailly


Je dépose sur le lit de feuilles mortes

Mes sombres chimères, en cohorte,

Pour me défaire de leur emprise

Les voir entraînées au loin par la bise



Mon corps assiégé par les années

Aspire aux délicatesses ensoleillées

Aux généreuses bontés du printemps

Pour retrouver l'illusion de mes vingt ans.


Photo Christian Bailly


Lentement, je repars, vers ma destinée

Qui s'achemine d'un pas serein, rassuré

Par cette nature généreuse et fastueuse,

Qui parfois se montre dure et impétueuse.



Pourtant, le soir même,

C'est le visage blême,

Qu'il me faut réaliser,

De ce monde, la triste réalité.



La rue sent la poudre et la mort…

Sur Paris, son peuple, le mauvais sort,

L'anathème d'une lignée de barbares,

Ils prêchent à la mitraille, au poignard.




Au vermillon de cet automne cruel,

Se mêle le sang de funestes rituels.

La haine dépose son manteau carmin,

Fauchant au hasard de jeunes destins.

Résultat de recherche d'images pour "peinture attentat"
du net


Le vent monotone de l'automne

Souffle sur mon cœur qui frissonne,

Les oraisons funèbres et les pleurs,

D'un peuple touché par le malheur.



Aux feuilles mortes, sur les trottoirs,

Se joignent les fleurs de la mémoire,

Les bougies des âmes au désespoir.

À la haine, l'amour sert d'exutoire.



Résultat de recherche d'images pour "peinture attentat"
C.B.GUERRY


Bercé d'espoirs, de rêves d'enfant,

J'attends de Noël et du nouvel an,

Les feux et les lumières sans oublier

Le triste chant de ces jours infortunés.



Afin que ces défunts ne soient pas vains,

Je vais continuer à aimer le bon vin,

La bonne chair, la fête et surtout l'amour,

Espérant le voir triompher un jour

… De l'obscurantisme.



Résultat de recherche d'images pour "peinture attentat"
Dominique GOBELIN MANSOUR


Aux victimes de l’attentat du 13 Novembre 2015

Et à toutes les autres, martyrs de l’obscurantisme et de la haine.



TWITTER @PIETDESSINEUX


Christian Bailly

Tous droits réservés

01/12/2015 modifié le 12/11/2025