vendredi 13 décembre 2024

Castellas d’Aumelas




Par les siècles, usé,

Émoussé par le vent,

Éventré par le temps,

Par les hommes, outragé…




Je trône, malgré tout, au milieu de la garrigue

Même si je montre des signes de fatigue

Chaque pierre, encore debout, est un défi,

Un petit soldat, pour vaincre des temps, la nuit.




Pour me tenir debout, après un millénaire

Il faut être, plus que tout, fort et téméraire,

Oublier la douleur lancinante de ne plus être,

Pour celle, plus cruelle, de devoir se soumettre.

J’ai coûté aux hommes bien des souffrances.

J’ai grandi au prix de fragiles existences.

Je ne compte pas le nombre de vies sacrifiées,

Dans des querelles ou des échauffourées.

J’ai résisté aux guerres, sans combattre,

Et d’illustres batailles, je ne fus pas le théâtre.

De passer seulement de main en main,

De seigneurs en vicomtes, fut mon destin.

 

Aujourd’hui, entre des mains secourables,

J’espère redevenir une ruine honorable,

Pour surprendre encore pour très longtemps

Les promeneurs et faire rêver les enfants


 



 




Texte et photos : Christian Bailly

Tous droits réservés 

11/12/2024

dimanche 8 décembre 2024

Il était une fois

 





Il était une fois…

Il était une fois, Oh ! Oh ! Oh !

Le vieux, le très très vieux Père Noël,

Il était si vieux, qu'il était devenu frileux.

Usé par les années et le froid trop cruel,

Son travail devenait pour lui trop laborieux.


Un jour, il décida de quitter le grand Nord,

La neige, le vent glacé et sa vieille chaumière.

Sur sa route, à sa vie, il trouva un nouveau port,

Sète, l'île singulière baignée de sa belle lumière.




Il était parti accompagné de son lutin préféré,

Pour qu’il transmette ses ordres par télétravail,

À la fabrique, au pôle Nord, où elle était restée.

Ainsi, de sa nouvelle destinée, il prit le gouvernail.


Oh ! Oh ! Oh ! Depuis, dans la vie de tous les jours,

Il se fait discret ; vous le croisez sans le savoir.

Comme toujours, dans son sac, il a plus d'un tour.

Mais ne craignez rien, il continue de faire son devoir.


Hors saison de Noël, il se fait un peu rimailleur.

Dans ses poèmes, il parle bien souvent d'amour,

Du monde, de ses rêves d'un monde meilleur,

De ses espérances de paix, de la voir de retour.


Inspiré par l'île singulière, il a même rédigé

Quantité de poésies pour, comme il faut, l'honorer.

Vous pouvez les retrouver dans un recueil illustré

Par un photographe de bonne renommée.




Pour la fameuse nuit de Noël, et sa tournée,

Il a dû embaucher bien d'autres Pères Noël,

Pour ne pas décevoir tous les enfants inquiets,

Répondre à toutes leurs lettres, respecter le rituel


Peut-être aurez-vous un jour ce petit bonheur

De le rencontrer dans la belle ville de Sète.

Je vous le dis, et ce n'est pas du tout une rumeur,

C'est ici même que le Père Noël vit sa retraite.

Joyeux Noël à tous !




Christian Bailly
Tous droits réservés
06/12/2024

lundi 2 décembre 2024

Le vent se lève

 




Le vent se lève,

Il faut tenter de vivre. (1)

La vie est brève,

Il faut bien survivre.



Dans les pas,

De nos humbles aïeux,

Jusqu'au trépas,

Essayer d'être heureux.



Vivre le présent,

Regarder dans les yeux,

Le futur imminent,

Et réaliser tous ses vœux.



Le vent se lève,

Alors, il faut danser la vie,

La vivre tel un rêve,

Et accomplir ses envies.



Alors...

Si le vent se lève,

Hissez la grand-voile,

Quittez la grève,

Et suivez votre étoile...


Sokratis Evgenidis

(1) "Le vent se lève, il faut tenter de vivre" Paul Valéry



"Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !

L'air immense ouvre et referme mon livre,

La vague en poudre ose jaillir des rocs !

Envolez-vous, pages tout éblouies !

Rompez, vagues ! Rompez d'eaux réjouies

Ce toit tranquille où picoraient des focs !"

Paul Valéry



Christian Bailly

Tous droits réservés 

02/12/2024

Dame nature

 

Annie Silvestre 


Dame nature a quitté sa pelisse d'hiver.

Elle a mis au clou son manteau d'hermine,

Pour se parer des couleurs du printemps,

Pour oublier la froidure des jours chagrins.



Elle a défroissé sa longue robe d'émeraude,

Sur laquelle elle a brodé une nuée de fleurs.

Endimanchée comme une jeune promise,

Elle porte l’habit de lumière omnicolore.

 

L’heure de la délivrance est enfin venue,

Pour, de son ventre, libérer sa magnificence.

Impatient, le monde est venu à son chevet,

Pour assister à l’avènement des beaux jours.




Du printemps, elle est la grande prêtresse.

Chaque fleur épanouie est une promesse,

Dont elle constelle le territoire des hommes,

Pour les inviter à faire la paix, en somme !

 

Dame nature a quitté sa pelisse d'hiver,

Elle a défroissé sa longue robe d'émeraude,

Sur son visage serein, je peux lire sa félicité,

Du printemps, elle est la grande prêtresse.


à Annie Sylvestre


Christian Bailly

Tous droits réservés

08/11/2024


samedi 30 novembre 2024

Mâle en cuir






Kikooyou


Il sentait le mâle et le cuir,

Mais je n'avais pas envie de fuir.

J'espérais qu'il me ferait jouir,

Dans mon cul, le voir s'épanouir.


Kikooyou


Il sentait le cuir et le mâle,

Pourtant, je voulais qu'il se régale.

J’espérais lui soutirer des râles,

Qu’il me prenne là où ça fait mal.


Helg Lugano


Il sentait le mâle et le cuir,

Même sil avait tout d'un dur à cuire,

Il savait me faire languir,

Mais vers le plaisir, je sus le conduire


Image premium


Il sentait le cuir et le mâle

Mais en homme très doux et loyal,

Il m’offrit son bouquet final,

Et pour nous deux, ce fut la totale.





Christian Bailly

Tous droits réservés

29/11/2024

vendredi 8 novembre 2024

Nuit d'hôtel


Nous rentrons tard…

Mais ce n’est pas l’effet du hasard…

Nous attendions que la nuit dépose son voile de sommeil

Dans chaque chambre, dans une, elle éveille

Des amants, que nous sommes, les désirs.

Derrière la porte, nous commençons à nous dévêtir,

À nous embrasser, nous découvrir, nous toucher.


du NET


Nous repoussons l’instant d’aller nous coucher.

De l’autre côté de la porte, comme un appel !

Il t’attend, il s’impatiente, le couloir de l’hôtel !

Alors à tes fantasmes, j’ouvre en grand la porte,

Je me réjouis de voir cette ardeur qui te transporte.


Chris Lopez


Je contemple ton plaisir aguerri qui se concrétise,

Et comme toujours, il fait l’objet de mes convoitises.


Rick Herold


Les sens en éveil, tu te promènes dans les couloirs,

Exhibant, en bon mâle en rut, ton sexe ostentatoire.

Puis, pour moi, tu prends favorablement la pose,

Et sans complexe, tes rondeurs, tu me les exposes.

Je me régale de te voir te libérer, et si excité.


Kenney Mencher


Après ça, nous nous retrouvons dans l’intimité

De notre chambre où tu me fais bien bel étalage

De l’effervescence de ton corps, de ses avantages.


Chris Lopez


Enfin, n’y tenant plus, nos corps se rejoignent

S’affolent, se cajolent, virilement s’empoignent

Et se laissent emporter vers l’empyrée de nos plaisirs…


du NET

Christian Bailly

Tous droits réservés

18/10/2024



samedi 26 octobre 2024

Mari

 

 


Comme c'est bon d'avoir un mari

Pour partager avec lui son destin

Et se poser après ce long chemin

Parcouru pour arriver jusqu'à lui.


 

Comme c'est bon d'avoir un mari,

Pour notre confiance, lui abandonner,

Avec qui se poser, se laisser aller,

Lui offrir tout ce qui fait qu'il nous a choisi.

 


Comme c'est bon d'avoir un mari,

D’unir son existence à sa destinée,

De cœur à cœur, pouvoir communier,

De corps à corps, être en harmonie.


 


Comme c'est bon d'avoir un mari,

De lire dans ses yeux son inclination,

De sentir dans ses mains sa passion,

D'être heureux d’être là, rien que pour lui.


 


Comme c'est bon d'avoir un mari,

D’être tout simplement bien à ses côtés,

De connaître avec lui la sérénité,

Et se dire la chance d’être de sa vie,


 


Comme c'est bon d'avoir un mari,

De se dire qu'on lui doit notre réalité

D’être ce que l’on a toujours caché

Grâce à lui, se sentir enfin accompli.


 


Oui mon amour, ce mari, c’est bien toi !...


 

Christian Bailly

Tous droits réservés 

02/10/2024

lundi 21 octobre 2024

Je veux…

Illustrations: Todd Yeager

 

Je veux…


Je veux être baisé comme une chienne.

Non, je ne ménagerai pas ma peine.

Pour ton bon plaisir, je me ferai salope,

Je serai ton objet sexuel, je serai ta lope.






Je veux...

Là, sur le tapis, me positionner en levrette.

Pour toi, oui, je ferai ma pute, ta tapette.

Dans mon cul offert, je veux sentir ta queue, 

Aller et venir jusqu'à ce que tu sois heureux.





Je veux...

Que tu déverses en moi le flot de ton bonheur.

Comme une lave, je veux sentir sa chaleur.

Tu inonderas de la fusion de tes entrailles

Les abysses insondables de ma faille.





Je veux...

Sur ma prostate, les caresses de ton gland,

Du plaisir, me feront connaître le firmament.

Cette double jouissance me laissera alors…

Comme un cheval mort...




Christian Bailly

Tous droits réservés

18/06/2024


mercredi 16 octobre 2024

Quinze août

 






La nuit a lentement posé sur toi sa peau de chagrin,

Ce soir, tu es très calme, pas de mauvais grain.

La lune porte le deuil derrière les nuages menaçants,

De tes flots plaintifs, j'entends les gémissements

Et ceux des veuves des marins qu'ils ont pu trahir.

Au loin, une multitude de gerbes du souvenir

Déposées religieusement par des cœurs en loque

Irrémédiablement sur l'onde, déjà, se disloquent.

Dis ! De combien de marins as-tu éteint la flamme

Englouti leurs corps de travailleurs, et avec leurs âmes ?

Où ? Dans ton ventre violé par leurs tramails et leurs filets ?





Qu'as tu fait de leurs dépouilles tant espérées

Sur tes rivages désolés, par l'angoisse, ravagés ?

Entends-tu les prières, par les larmes étouffées,

Sous les voiles des veuves restées inconsolables

Dans les yeux des orphelins aux destins immuables ?

Crois-tu que les hommes abandonneront docilement

Leurs quêtes sans aller au-delà de leurs déchirements ?

Hélas, d’eux, tu n'as pas à craindre la moindre pénurie,

Les hommes, depuis la nuit des temps, craignent la mort

Mais veulent toujours prouver qu’ils sont les plus forts.

Ils sont ainsi faits, qu’au péril de leur vie,

Sans trêve, ils reviennent à l'assaut de l’impondérable

Quitte à y perdre de père en fils leurs âmes indomptables.





Ce soir, la nuit a posé son voile de veuve...

De tes flots, j'entends les gémissements.



                                              à nous courageux pêcheurs


Texte et photo Christian Bailly 
Tous droits réservés 
10/10/2024
Sète