mercredi 12 novembre 2025

Le soleil de l’homme

 

Combien de femme sacrifiée faudra-t-il, pour que cesse cette barbarie ?

Combien de femmes lapidées faudra-y-il, avant que ne cesse cette infamie?


La pécheresse - Henryk Siemiradzki


Combien de femmes encore vivantes, sous leurs linceuls, cloîtrées,

Avant de les voir émancipées, enfin libres de vivre leurs destinées ?


Naissance du monde - Emmanuel DORRE


Combien de jeunes filles en fleur privées de leurs droits à la connaissance

Pour mieux les asservir aux hommes, les enchaîner à l'ignorance ?

Musulmane par Zor


Combien de temps faudra-t-il à la barbarie et l’ignominie pour comprendre

Pour mesurer à quel point, la femme est l'avenir de l'homme, des hommes ?


Naissance du monde - Emmanuel DORRE


Faut-il retourner aux heures sombres de l'humanité, à sa genèse

Pour tout recommencer, pour réaliser que notre monde ne serait plus

Sans leurs ventres, sans leurs cœurs, sans leur amour inconditionnel ?


La femme enceinte au divan rouge -Johanne Molaison


Rien au monde ne peut justifier de pareils châtiments, de pareilles cruautés,

Pour le simple fait d'être une femme, d'exister.

Et si la femme est impure, comme ils le déclament,

Alors qu'ils regardent d'où ils viennent, des entrailles de leurs mères,

Et ce qu'ils sont devenus, aveuglés par l'ignorance et l'obscurantisme.


Naissance de cupidon par Maître de Flore


Maudits soient les hommes qui usent et abusent de leurs pouvoirs

Pour tourmenter le giron qui les conçoit et qui les fait naître,

Qui met au monde leurs frères, leurs sœurs et leurs enfants,

Car le soleil de l'homme, c'est la femme... Depuis la nuit de temps…


Soleil couchant - Guy BARON



Christian Bailly
Tous droits réservés
27/08/2021

lundi 10 novembre 2025

À Derek

 




À Derek


Mon âme porte le deuil,
Vêtue du voile sombre du souvenir pour un ami disparu.
À mon viel ami, mes respects...
Un ami au cœur noble et bienveillant,
Un des derniers héros de la grande guerre,
Un valeureux soldat venu sauver notre liberté,
Un mari délicat et prévenant pour sa femme,
Un père aimant et obligeant pour ses enfants,
Un homme dont je suis fier d'avoir traversé le destin.

Derek, mon ami, je n'oublierai jamais
Notre amitié, elle s'était affranchie de toutes ces années
Qui nous séparaient et nous réunissaient à la fois.
Alors que rien ne pouvait présager de notre rencontre,
Nous avons eu cette chance extraordinaire, ce bonheur
De connaître, de nos deux destins, ces instants privilégiés,
Ce fut un réel honneur pour moi.

Derek, mon ami, je n'oublierai jamais
Notre toute première rencontre, nos doutes
Les balbutiement d’une amitié qui se cristallisa
Au fil des ans, à chacune de nos retrouvailles.
Au cours de nos soirées, nos rires, nos enfantillages,
Nos longues conversations, sur la vie, le monde,
Oublieux des barrières de la langue,
Des divergences politiques de nos pays
Les hommes savent faire ce que les états ne savent pas.

Grâce à l’amour, grâce à l’amitié…
Derek, mon ami, je n'oublierai jamais
Tu nous as fait découvrir la campagne du Yorkshire,
Si belle, encore un peu sauvage, tellement romantique.
J’y ai laissé une partie de mon cœur et de mon âme.
Une terre accueillante, elle respire la générosité.

Je revois ses rivières, ses collines, ses vallées,
Elles font les Yorkshire Dales que j’aime tant.
Je revois ses prairies bordées de murs sans âge,
Au pied desquels poussent les jonquilles,
Derrière lesquels paissent les swaledals,
Je revois ses abbayes grandioses et mystérieuses,
Tous ces paysages fascinent encore mon esprit poète.


Derek, mon ami, je n'oublierai jamais
Nos "parties" au "Bay Horse", devant de savoureuses lagers
Tu m'avais appris à les savourer, à découvrir les meilleures.
Nous oubliions les années, les tourments de la vie.
Mes papilles se souviennent aussi de ton curry,
Mais aussi de ton délicieux breakfast, ses œufs brouillés,
Son bacon ; tu te levais de bon matin pour notre plaisir.

En ce jour, que je n’aurais point voulu voir poindre,
Images après images, les souvenirs me submergent.
J’aurais voulu être près de toi, le verre à la main,
Pour te saluer, te remercier d’avoir été là, dans ma vie.
Mon ami… Mon viel ami, sans toi mon cœur est chagrin

Avec mes plus belles amitiés,

Paix à ton âme !




Derek 



My soul is mourning
Dressed in the dark veil of remembrance for a missing friend
To my old friend, my respects...
A friend with a noble and benevolent heart
One of the last heroes of the great war
A brave soldier who came to save our freedom.
A delicate and considerate husband for his wife
A loving and helpful father to his children
A man whose fate I am proud to have crossed.

Derek, my friend, I will never ever forget
Our friendship, it had broken free from all these years
Who separated us and brought us together at the same time.
While nothing could predict our meeting,
We had this extraordinary luck, this happiness
To know, of our two destinies, these shared moments,
It was a real honor for me.

Derek, my friend, I will never ever forget
Our very first meeting, our doubts
The stammering of a friendship that crystallized
Over the years, at each of our reunions.
During our evenings, our laughter, our childishness,
Our long conversations, about life, the world,
Forgetting language barriers,
Political differences in our countries
Men know how to do what states don't know.
Thanks to love, thanks to friendship ...

Derek, my friend, I will never ever forget
You made us discover the Yorkshire countryside, 
So beautiful, still a little wild, so romantic.
I left part of my heart and soul there.
A welcoming land, it exudes generosity.
I see again its rivers, its hills, its valleys,
They make the Yorkshire Dales that I love so much.
I see again its meadows bordered by ageless walls,
At the foot of which the daffodils grow,
Behind which the swaledals graze,
I see again its grandiose and mysterious abbeys,
All these landscapes still fascinate my poet spirit.

Derek, my friend, I will never ever forget
Our "parties" at the "Bay Horse", in front of tasty lagers
You taught me to savor them, to discover the best.
We forgot the years, the torments of life.
My taste buds also remember your curry,
But also your tasty breakfast, its scrambled eggs,
Its bacon; you got up early in the morning for our pleasure.

On this day, which I would not have liked to see dawning,
Images after images, memories overwhelm me.
I would have liked to be near you, glass in hand,
To say hello, to thank you for being there in my life.
My friend ... My old friend, without you my heart is sorrow

With my best regards,

Peace to your soul !


Christian Bailly
Tous droits réservés
19/09/2021

Reine de Saba

 Illustration: Photo d'art par Michel Richard 

                    https://www.facebook.com/michel.richard.315 
                    www.michel-richard.com


Ses mains effleuraient son corps,

De ses désirs ardents, il était l’amphore.

Elle espérait de sublimes extases,

Impatiente que son amant l’embrase.

 

Aux ivresses de ses profondeurs,

Elle devait ses intimes bonheurs,

Elle rêvait pleinement lui appartenir,

Lui confierez son destin, le devenir.

 

Sous son mont de Vénus, un volcan.

Elle le croyait éteint depuis longtemps.

Il s’était réveillé sous les doigts talentueux

De cet homme au regard langoureux.

 

Elle était sa reine des mille et une nuits.

De l’amour fou, il lui révéla les fééries.

Elle n’avait que son corps de déesse

À lui offrir, pour uniques richesses.

 

Il l’avait couverte d’or et de baisers,

De perles et de caresses empressées,

Il avait fait d’elle sa reine de Saba,

En une seule nuit de sulfureux ébats.

 

Christian Bailly

Tous droits réservés 

25/09/2021

Cuir et dentelle

Illustration:    Photo d'art par Michel Richard
                        https://www.facebook.com/michel.richard.315
                        www.michel-richard.com



Sous le cuir noir et la dentelle,

Une peau de velours,

Une tigresse en amour.

Elle dissimule ses rêves de demoiselle.



Sous les baisers et les caresses,

Une peau de satin,

Tantôt ange ou catin.

Elle aime bien dominer la diablesse.



Elle fait de moi son fidèle esclave,

Sur les draps de soie,

Je suis devenu sa proie.

De sa tyrannie, j'espère les entraves.



Sur moi, elle exerce sa souveraineté

Morsures ou baisers

Douceur ou cruauté

Pour cette lionne, je me suis damné.



Sous la dentelle et le cuir noir,

La douceur ou la douleur,

Sources de mon bonheur.

Un amour diabolique, sur le fil du rasoir.



Christian Bailly
Tous droits réservés 

28/09/2021

La Marinette

  


Sous le ciel azuré de Sète,

Elle était fière la Marinette,

Toutes rames dans l'eau

Du magnifique étang de Thau,

En partance pour Loupian,

Pour se payer du bon temps.

Oublier de la Covid, le mauvais vent.

Huîtres, moules et petit vin blanc

Firent l'affaire de son barreur 

Et peuchère, de tous ses rameurs.

Sur le retour à travers les bancs

Elle se disait sa bonne fortune,

Et remerciait vivement Neptune.

Pour sûr,

Au mas de Joep, elle retournerait

Avant le prochain mois de mai !





Texte et Photos Christian Bailly

Tous droits réservés

16/08/2021


vendredi 7 novembre 2025

Caresses


 


Quand, sur moi, tes caresses se pressent,

Avec de voluptueuses adresses, elles professent

Tes prochaines prouesses…



Quand, sur moi, s'aventurent, tes caresses,

Qu’elles s’associent avec astucieuses hardiesses
,
À ton désir qui se dresse…



Quand, ma chair, tes caresses transgressent,

Qu’elles abusent avec de savantes impolitesses,

De mes charnelles détresses…



Quand tes efficientes rudesses me dressent.

J'abdique, soumis à leurs cruelles ivresses

 Et me voue à ton sexe avec largesse…


Mon âme impatiente, cette grande pécheresse

S'abandonne à tes grisantes indélicatesses,

L'heure n'est plus aux promesses.



Ô mon amour, mon amant !

Je sens venir la grand-messe…

Alors converti, je te presse…


Et de ta chair en liesse

Tu m’offres ces intimes richesses

Qui font ma faiblesse…



du net 


Christian Bailly

Tous droits réservés

19/10/2022

 


jeudi 6 novembre 2025

La première télévision

  

 Photo Christian Bailly


Comme je me souviens de mon village !

Ce modeste village de mon enfance,

Même si je croyais avoir tourné la page,

Bousculé, que j'étais, par mon existence.



Mais pas du tout, en fait, il en est rien,

Pratiquement, tout me revient par bribes,

Au bout de ma plume de poète, bel et bien,

Pour que j'en devienne, à présent, le scribe.


Thèmes -  Photo Christian Bailly


Je le dis, la richesse ne courait pas les rues,

Et le peu que nous avions faisait notre joie.

Et puis un jour, la télévision est apparue,

Dans une des grandes maisons de bon aloi.



Y vivaient alors deux veuves de guerre,

La mère, elle, avait perdu son mari militaire

À la Grande Guerre légendaire, si sanguinaire,

Par la suite, sa fille avait connu pareille misère.



Tous les deux, étaient militaires de carrière.

Ils avaient laissé, à défaut de leur présence,

Une pension qui faisait leur vie moins précaire,

Et qui allait changer un peu notre existence.



C'est dans cette maison, doublement endeuillée,

Que nous avons découvert le bon cœur

De ces deux bonnes et vieilles âmes esseulées

Et avec, partager quelques moments de bonheur.



Devant le tout premier petit écran du village,

En noir et blanc (il faudrait patienter pour la couleur).

C'était une chance réservée aux enfants sages.

Et pour sûr, nous arrivions tous pile à l'heure.


Du net




Nos agitations d'enfant apportaient un peu de vie

Dans ce foyer bouleversé par le vent mauvais.

Nos sourires les remerciaient de leur bonhomie.

Nous étions aux anges de profiter de leurs bienfaits.




Ainsi passaient nos jeudis et dimanches après-midi,

Sur cette boite miraculeuse, nous avions les yeux rivés

L'antenne était à nous et à d'autres d'enfants ravis.

Rintintin et Zorro sont devenus nos héros préférés.



Flipper le dauphin devint un de nos copains,

Mais une fois le retour confirmé des beaux jours,

Nous reprenions notre liberté pour courir les chemins

De notre cher village, et ses champêtres alentours...




à Mme Frégis et à Mme Vigreux



Thèmes, hameau de Cézy (Yonne) - Photo Christian Bailly




Christian Bailly

Tous droits réservés

06/11/2025

mardi 4 novembre 2025

Envol





Photo Christian Bailly - Jardin du château de Fontainebleau


Mes doutes, en vagues déferlantes,

Rongent peu à peu mon assurance.

Mes désirs, en lave incandescente,

Laminent mon intime résistance.



Un combat de longue haleine,

Un malaise depuis mon enfance,

Où l'amour de moi rime avec haine,

Et tenaille mon âme en partance.


Jean-Joseph Perraud - Le désespoir


En eau trouble, les désirs inavouables,

De mes entrailles intransigeantes.

À cet oppresseur, viril et intraitable,

Allégeance illicite et déshonorante.


Photo Christian Bailly
Jardin du château de Vaux le Vicomte


Faut-il écouter  mon bas-ventre ?

De ma raison, déjà en lambeaux,

Il est devenu cet indigne épicentre,

Qui me mène peu à peu au tombeau.



Je crie au secours dans le silence

De mes nuits couleur cendre.

Je crie, de ma rage, l'impatience,

Mais personne ne peut m'entendre.

Photo Christian Bailly - Laocoon
Jardin du château de Versailles


Là où les hommes peuvent me deviner,

Je me tais, je me terre, je m'enterre.

À ce cache-cache devenu une absurdité,

Mon âme vulnérable, en entier, s'y perd.


Auguste Rodin -  Le Désespoir


Je fais cavalier seul contre une armée. 

Dans leur monde, je ne suis pas désiré,

Du bord de la falaise, dois-je me jeter ?

Périr ou m'envoler pour enfin me libérer ?



Je ne peux plus ni me cacher, ni reculer

Devant ces aveux qui peuvent me libérer.

Derrière un ciel gris encombré de regrets,

Devant des remords qu'il me faut assumer.


Allez !

Je saute,

Je tombe...

Je tombe...

Je déplie mes ailes froissées par le temps,

Et puis...

Et puis je m'envole...

Je suis...

Je suis là, en pleine lumière

Je suis moi...

Cet homme si longtemps resté dans l'ombre

Et qui se découvre aux yeux du monde...

Sculpture de l'homme joyeux dans le parc Frogner 
Oslo - Norvège


Christian Bailly

Tous droits réservés

04/11/2025