samedi 29 juin 2024

L’amant





Pat Kelley



Sur le lit appesanti de coussins repus,

Enlacé par les draps de soie, l'amant nu,

Gît, ensuqué, dans la moiteur de l'été.

Sur sa fesse, une patte d'ours tatouée,

Signe de son absolue allégeance,

Témoigne de sa totale appartenance,

À son vénéré et généreux souverain,

Dont il est devenu l'ineffable putain.



Hongtao Huang


Entre ses cuisses viriles et velues,

Ses couilles lourdes de plaisirs attendus,

Espèrent le tourment de ses caresses,

Et de ses rudoiements, les ivresses.

Son sexe sans prétention, engourdi,

Vibre au rythme de ses rêveries.

Une perle opale, aux relents capiteux

Suinte de son prépuce mystérieux,

Derrière lequel se cache, son gland,

Impatient de se montrer turgescent.


Nick Mantlo-Coots


Dans la raie de ses fesses généreuses,

La moiteur de ses attentes scabreuses,

Oint son cul altruiste et magnanime,

Toujours prêt à partager de son intime,

Les plus secrètes espérances fébriles,

Pour de vigoureuses offenses viriles.

Dans cette coupe faite pour l'offrande,

Brûlent des appétences gourmandes,

Grondent des espérances virulentes.


G. Nerko


Tout, de cette chair somnolente,

Aspire à recevoir et à donner du plaisir,

À contenter son maître, à le servir,

Pour devenir un irréprochable amant.

Absolument tout de ce corps pantelant,

S'apprête dans le secret de ses rêves.

Ses envies ne connaissent pas de trêve.

Son corps est un comme un volcan,

De ces abysses, il sait les tourments,

Là, y stagne, une lave incandescente…


du net




Christian Bailly

Tous droits réservés

23/06/2024

dimanche 23 juin 2024

Rêveries


Sur la plage dorée par le soleil couchant,

Loin de toi, j'attends que passe le temps.

J'écris ton prénom, en lettres capitales,

Au bord des vagues ; à mes pieds, elles s'étalent.


du net

 

Sur le sable chaud, nu, je me suis allongé,

Par mes rêveries, je me laisse transporter.

Là, ce que je voudrais tant partager avec toi,

Je le contemple, le corps et le cœur en émoi.


Yaroslav Sobol

 

Sous la brise pourtant légère, je frisonne.

J'oublie le temps ; pour toi, je m'abandonne.

Je sens sur moi, lascive, se poser ton image

Je veux bien croire à tout prix à ce mirage.


Germa Marquez

 

À la pensée de tes caresses, de tes baisers,

Tout enflammé, comme un jeune premier,

Mon corps fait l'aumône, réclame son dû,

D'être aux ardeurs de ton désir confondu.


Beach Nude Sunbathing Guy Painting - Mark Toffoli

 

Je rêve des folies que nous ferions à deux.

J'imagine le vent marin dans tes cheveux,

Le soleil mordoré, se déposer sur ta peau.

Des vagues aimantes, sur nous, les assauts.


by Mojo  - After Dark

 

Elles enveloppent nos désirs impertinents

De leurs vigoureux et sensuels traitements,

Unissent nos corps dans leurs bouillons,

Elles donnent à nos cœurs ivres le tourbillon.


James  Griner

 

Je rêve aussi aux jours qui nous rapprocheront,

Où, paisiblement, ensemble, nous vieillirons.

À mon grand regret, je te montrerai le chemin,

Mais grâce à toi, j'en oublierai le temps assassin.




Christian Bailly

Tous droits réservés

03/11/2011

vendredi 7 juin 2024

Comme Icare



 Marcin Otapowicz, b. 1978, Icarus, 2022, wood on wood


Après m'être égaré 

Corps et âme

Dans le dédale de ma vie,

Comme Icare,

Je veux me brûler les ailes 

À ton amour.

Qu'il rayonne et me consume, 

Pour que je  tombe à tes pieds.

Pour le reste de mon destin, 

Tu seras mon soleil. 



Christian Bailly 

Tous droits réservés 

Je certifie que ce poème n'a pas été écrit par une IA 

07/06/2024

dimanche 2 juin 2024

Le jardin de mes félicités

Illustrations  - Jason Ebrahimi




Il y a des nuits, des nuits, et des nuits sans lune,

Je ressentais de ma vie terne, toutes les lacunes.

À mes constantes attentes, j'attendais une réponse.

Je voyais ma destinée tel un buisson de ronces.




Un jour de juin, j'empruntais un périlleux chemin,

Bordé d'épines, pour arriver à la porte d'un jardin,

Caché au fond de mon âme sombre et damnée,

Pourtant, à le découvrir, je cultivais mes pensées.





Alors que ma conscience m'avait retenu au loin,

Cette fois, mon cœur se risqua, il guida ma main,

Enfin, je me permis cette déraison d'être indiscret,

Je poussais la porte défraîchie de ce jardin secret.





Par le temps passé, avec soin, il avait été défriché,

Je découvris un champ de blé mûri par les années,

Radieuses, deux églantines y prenaient la pose,

Sous un bosquet, une précieuse rose y était éclose.






J'avoue, je n'osais la cueillir, de peur de la froisser.

Cependant, elle me piqua, de son épine aiguisée,

Par son ardeur, sur le champ, je fus transpercé.

J'aurais accepté ce supplice, toute une éternité.






De mon âme martyrisée, de mon corps meurtri,

De mon cœur transi, depuis si longtemps contrit,

Coula, en larmes opalescentes, mon bonheur.

De cet enchantement, je percevais déjà la lueur,




Bientôt, j'en tirais enfin cette enthousiaste volonté

D'avancer sur le chemin de ma nouvelle destinée.

Depuis, je reconnais, malgré les saisons passées,

Être devenu un jardinier chevronné et passionné.





Je trouve toujours dans mon jardin des félicités,

Le champ incontournable et fleuri de mes voluptés.

Chaque jour, je viens cueillir de l'amour le sacré.

Je le dis, pour moi, ce jardin n'a plus aucun secret.





Mon amour, Mon Prince, Mon Adoré

Tu es, à jamais, mon jardin secret,

Caché au fond de mes pensées,

Et jamais, jamais je ne t'oublierai…



Christian Bailly

Tous droits réservés

08/04/2023

mardi 14 mai 2024

Caresses

 


Hongtao Huang


Quand tu me sors des abîmes de la nuit,

Que tu me délivres de mon sommeil,

Avec la délicatesse de tes caresses,

Alors, je sens mon désir qui se réveille.

Au creux de mes reins abreuvés de mon rêve,

Hanté des chimères sensuelles et érotiques,

Qui hantent mon corps pourtant assoupi.


du net 


Je sens ta main se promener sur mon sexe,

Pour le sortir de sa torpeur qu'il simule.

Déjà, il vibre sous tes doigts agiles et espiègles,

Et peu à peu manifeste sa virile vigueur.

Tu le harcèles, tu l'exacerbes, le pousse à bout,

Loin de battre en retraite, il se ragaillardit.

Il en redemande plus encore pour être satisfait.

Tes mains font semblant de ne pas comprendre.

Alors mon sexe se cabre, mes reins se cambre,


Hongtao Huang


De fait, elles abandonnent la place aux miennes.

Impatientes, mes mains empoignent ce fripon,

Tandis que ma bouche s'empare de la tienne.

D’une main ferme, tu t’agrippes à mes couilles,

Tandis que de l'autre, tu excites mes tétons,

Pour m'exhorter à me branler et à jouir.


Hongtao Huang


Frénétiquement, je m'affaire à mon plaisir,

Plus rien d'autre ne semble avoir d'importance.

De mon bas-ventre, je sens monter ma sève,

Et dans un dernier va-et-vient, je me libère.

Mon corps tétanisé expire sa dernière salve

À me couper le souffle ; dans tes bras, j'agonise...


Nick Mantlo-Coots



Je me laisse emporter par le sommeil réparateur,

Sous tes caresses tout en délicatesse et tendresse…

Juste le temps de récupérer quelques forces, 

Alors, à mon tour, je m’occuperai de ton sort…


Pat Kelley

Christian Bailly

Tous droits réservés 

04/05/2024

samedi 20 avril 2024

Jardin avec vue sur mer

 




Dans le jardin avec vue sur mer,

Sur le chemin de Saint-Clair,

Le printemps est un feu d'art,

Sans artifices et sans fard...






Pourtant au bout du chemin,

Le ravissement prend fin,

Défiguré par les incivilités,

Comme une insulte à sa beauté.




La nature, même domestiquée,

Est un miracle qui nous fait rêver,

Alors pourquoi la défigurer ?




On peut bien haïr notre société,

Ou en vouloir au monde entier,

Mais la nature, mérite le Respect.




Alors je dis à tous ces sauvages,

Dépenser autrement votre rage.

De votre futur, vous préparez le paysage,

Un jour, vous comprendrez la parole des sages...
















Texte et photos : Christian Bailly
Tous droits réservés
14 avril 2024 

(Sète)

mardi 9 avril 2024

Le Marin

 


Dans les brumes conquérantes du Marin

Le temps, pour un moment, furtivement, s'efface,

Le jour intimidé, dans ses vapeurs, s'évanouit.

Derrière le voile, l'horizon se serait-il éclipsé ?



La ville empotée, enveloppée de torpeur, s’isole,

Emmitouflée dans ce lourd manteau aqueux.

Contre ce mur, nos regards, égarés, butent,

Cherchent obstinément à percer son mystère.


Du néant, des silhouettes mouvantes surgissent,

Venues d'un autre monde, cerné d'inexistentiel,

Qui se dérobe à notre imagination pragmatique,

Pour nous contraindre d’accepter l’impondérable





L'onde tumultueuse, venue de nulle part, se fracasse

Contre la réalité immuable du Môle Saint-Louis,

Où le phare, les pieds dans une flaque d’eau oubliée,

Comme tétanisé, attend d'y voir plus clair.




Au-delà de la forêt de mâts des dériveurs endormis,

Saint-Clair n'est plus que le fruit de notre imagination.

Pourtant, les bruits feutrés de la ville nous arrivent,

Pour nous dire la laborieuse existence des hommes.



Après maintes tentatives, Apollon, enfin, s'affirme,

Perce le secret des brumes obstinées du Marin

De son ardeur hivernale, mais toute souveraine.

Comme par enchantement, la brume s'efface.


À contre-cœur, elle capitule, abandonne la place

Comme désintégrée par l'astre téméraire.

Alors comme par enchantement, tout s'illumine,

Se révèle à nous dans la clarté de l'après-midi.


Elle nous avait été enlevée sans crier gare.

La ville, enfin démasquée, sort de sa torpeur,

Avec enthousiasme, elle reprend des couleurs,

Sous un ciel insolent, immodérément bleu…









Le marin est un vent de sud-est soufflant de la Méditerranée vers le Languedoc, la Montagne Noire et les Cévennes.

Il est généralement modéré et régulier, mais il peut être parfois violent et turbulent sur le relief, très humide, doux et amène le plus souvent des précipitations abondantes.

Il est plus fréquent au printemps et en automne, lorsque les dépressions s’enfoncent en Méditerranée : c’est le vent des situations perturbées et pluvieuses.

Il se charge d’humidité lors de son parcours maritime. Il va ensuite la restituer sous forme de grisaille (nuages bas, brumes, brouillards) et de pluies, sur les hauteurs qui bordent la mer : les versants sud-est de la Montagne Noire, les Corbières, les contreforts des Cévennes et les premières hauteurs provençales.

Sources: http://tempetes.meteo.fr/Les-vents-regionaux-mediterraneens.html

Texte et photos : Christian Bailly

Tous droits réservés 

26/03/2024