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Jean Louis Théodore Géricault - Etude de nu, homme |
Pour moi, le choix de mon existence.
Je devais pour elle, accepter les faix
Tels quels, ne point faire de résistance.
Elle me manipulait si bien à son aise,
Qu'elle faisait de moi sa marionnette.
Loin de moi l'idée de filer à l'anglaise,
J'écoutais sagement toutes ses sornettes.
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Inconnu - Street art |
Je me laissais aller à quelques dérives,
Que ma nature m'incitait sans regret,
À saisir à la sauvette, sur d'autres rives ;
Des plaisirs brefs, et sans réels attraits.
Mais de remords, ma vie me hantait.
Je ne savais plus qui j'étais vraiment,
Et encore moins, ce que je lui devais.
Un devenir point assuré, assurément !
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Araujo Santoyo |
Tout se compliqua, devint impossible,
J'y perdais tout, mon âme et mon cœur.
Ma nature, ma vie étaient incompatibles,
Il me fallait apaiser illico mes rancœurs.
Alors, débuta pour moi le cheminement
Le plus difficile de toute cette destinée,
De ma chrysalide, il me fallait lentement
M'extirper, pour qu'apparaisse un flambé.
La douleur du martyr de mon devenir
Me déchirait mon âme, mes entrailles,
Me tenaillait tant, que je faillis partir
Pour un autre monde, dans la bataille.
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Wes Hempel - Supplication |
Sans lui, je n'aurais pas résisté au front.
Je serais mort cent fois dans le fossé
De mes tourments, de la vie, les affronts.
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Wes Hempel - Rescue from the Sublime |
C'est lui qui me transporta bien au-delà
De mes sourds espoirs, vers ma vérité.
Au grand jour, sur ma vie, j'ai pris le pas.
De moi-même, dans la douleur, j'ai accouché.
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Wes Hempel - A New Beginning |
Mon âme libérée, sans rougir de honte,
Accepta enfin cette différence évidente,
Se dotait d'un moral coulé dans la fonte,
Pour gravir de la vie, une nouvelle pente.
Au sommet, pour moi, le soleil brillait.
Tout mon être irradiait de ce bonheur.
Le rêve d'être ce que je suis, je réalisais.
L'amour, en prime, comblait mon cœur.
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KrayeL Art Studio The Martyrdom of Saint Sebastian |
Parfois encore, de cette longue infortune,
Pour ces disconvenues avec ma destinée,
S'écoulent quelques purulentes rancunes,
De mon âme bien trop longtemps sacrifiée.
Mais peu à peu, se referme cette blessure
Pansée par le meilleur remède, l'amour.
Entre mon âme, mon corps, plus de fracture.
Pour rien au monde, je ne ferais demi-tour.
Me voilà plus fort que jamais pour vivre.
Ce bonheur fabuleux d'aimer et d'être aimé,
De mes tout derniers carcans, il me délivre.
Je suis libre au nom de notre amour singulier.
Christian Bailly
Tous droits réservés
08/03/2012
Ce n'est pas simple d'être soi-même contre vents et marées. heureux ceux qui y arrivent sans douleur.
RépondreSupprimerJe n'ai pas le même parcours que le tien puisque je n'ai jamais pu me couler dans le moule où on voulait me voir rentrer. Si j'avais pu le faire, je l'aurais fait tout comme toi avec sans doute la même issue. Il m'a néanmoins fallu du temps et beaucoup de tourments avant d'accepter la voie qui était la mienne, et de comprendre, quand je l'aie eu acceptée, qu'elle me convenait très bien.
Les images illustrant ton poème sont magnifiques !
Bonne semaine.
Merci Kalinours ! Oui effectivement, je pense aussi que ce n'est pas simple pour la plupart d'entre nous... Vis-à-vis des autres, mais avec soi-même aussi. L'acceptation est une longue démarche intérieure à la recherche d'une réponse à la question "pourquoi moi ?". Je pense que nous passons tous par un état de souffrance plus ou moins douloureux et long, jusqu'au moment où il faut se rendre à l'évidence, que cette question n'a pas de réponse ou plutôt pas celle que nous attendons... À part ", c'est comme çà, et il faut l'accepter". C'est alors seulement que l'on peut envisager de vivre réconcilié avec soi-même. Bonne soirée mon ami. Bisous
Supprimerj'aime le dialogue entre poésie et images
RépondreSupprimerMerci mon bel ami..Pas toujours très facile, çà demande beaucoup de temps, mais quand j'y arrive je suis content de mon partage.
SupprimerBises et bonne soirée