vendredi 28 mars 2025

Remède à l'insomnie

Illustrations : Javier Trelis Sempere 

 

Alors que la nuit enveloppait de quiétude tes rêves,

Dans son silence, je devins l'otage de mon insomnie.

J'écoutais religieusement ton souffle long sans trêve,

Je me disais ma chance d'avoir été par toi conquis.


 


Je cherchais le sommeil, il me faussait compagnie.

J'attendais qu'il me fauche, qu'il m'emporte par surprise.

Impatient, je me lovais contre le corps de mon mari,

Espérant qu'à son contact, le sommeil me neutralise.

 

Dans ma main, je tenais tes attributs de mâles, assoupis,

Mon deuxième sexe, qui sait me combler de son plaisir.

Sous mes doigts, je sentais ses palpitations engourdies.

Les battements d'un petit cœur, sur le point de tressaillir.


 


Imperceptiblement, il se dilatait, prenait de l'ampleur,

Sans savoir combien il captait déjà toute mon attention,

Je sentais qu'il bombait le torse, prenait de la vigueur.

J'avais l'eau à la bouche, sensible à cette invitation.

 

Plongé dans un profond sommeil, tu restais impassible,

Malgré ce bouleversement que vivait ton bas-ventre.

À portée de main, je n'ai pu résister à ce bonheur tangible,

Alors, je me suis glissé sous les draps, vers ton épicentre.


 

Ton sexe, à son apogée, frémissait sous mes caresses.

Il se laissa envahir par ma bouche fébrile et friande.

Je léchais ton gland, mes lèvres en étaient les hôtesses,

Les grandes prêtresses de mes fellations gourmandes.

 

Au contact intime de ta chair, je retrouvais la sérénité.

Ton sexe, dans ma bouche, anesthésiait mes appréhensions.

Au rythme impavide de ton sommeil, je me suis inquiété.

De la nature de tes rêves ; de la substance de tes sensations.


 

À dire vrai, je n'étais pas vraiment dupe, ça me plaisait

D'être l'artisan de cette volupté que tu n'osais pas trahir.

Tu ne voulais pas te vendre, et je sentais que tu appréciais.

Comme si tu avais peur de voir ce mirage s'évanouir.

 

Tu ne laissais rien transpirer du plaisir de ton corps alangui.

Dans ton demi-sommeil, tu appréciais ces réjouissances.

Doucement, je sentais Morphée m'emporter dans sa nuit

Je lâchais ma proie et la laissais retrouver son indépendance.


 


En toi, j'avais trouvé le remède miracle à mes insomnies…

Comme si j'avais puisé cette sérénité qui me faisait défaut,

Là où d'autres fois, de ton plaisir, je tire mon eau de vie,

Ce breuvage des dieux qui récompense mes assauts.


 


Christian Bailly

Tous droits réservés

26/03/2025

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