Illustrations : Javier Trelis Sempere
Alors
que la nuit enveloppait de quiétude tes rêves,
Dans
son silence, je devins l'otage de mon insomnie.
J'écoutais
religieusement ton souffle long sans trêve,
Je
me disais ma chance d'avoir été par toi conquis.
Je
cherchais le sommeil, il me faussait compagnie.
J'attendais
qu'il me fauche, qu'il m'emporte par surprise.
Impatient,
je me lovais contre le corps de mon mari,
Espérant
qu'à son contact, le sommeil me neutralise.
Dans
ma main, je tenais tes attributs de mâles, assoupis,
Mon
deuxième sexe, qui sait me combler de son plaisir.
Sous
mes doigts, je sentais ses palpitations engourdies.
Les
battements d'un petit cœur, sur le point de tressaillir.
Imperceptiblement,
il se dilatait, prenait de l'ampleur,
Sans
savoir combien il captait déjà toute mon attention,
Je
sentais qu'il bombait le torse, prenait de la vigueur.
J'avais
l'eau à la bouche, sensible à cette invitation.
Plongé
dans un profond sommeil, tu restais impassible,
Malgré
ce bouleversement que vivait ton bas-ventre.
À
portée de main, je n'ai pu résister à ce bonheur tangible,
Alors,
je me suis glissé sous les draps, vers ton épicentre.
Ton
sexe, à son apogée, frémissait sous mes caresses.
Il
se laissa envahir par ma bouche fébrile et friande.
Je
léchais ton gland, mes lèvres en étaient les hôtesses,
Les
grandes prêtresses de mes fellations gourmandes.
Au
contact intime de ta chair, je retrouvais la sérénité.
Ton
sexe, dans ma bouche, anesthésiait mes appréhensions.
Au
rythme impavide de ton sommeil, je me suis inquiété.
De
la nature de tes rêves ; de la substance de tes sensations.
À
dire vrai, je n'étais pas vraiment dupe, ça me plaisait
D'être
l'artisan de cette volupté que tu n'osais pas trahir.
Tu
ne voulais pas te vendre, et je sentais que tu appréciais.
Comme
si tu avais peur de voir ce mirage s'évanouir.
Tu
ne laissais rien transpirer du plaisir de ton corps alangui.
Dans
ton demi-sommeil, tu appréciais ces réjouissances.
Doucement,
je sentais Morphée m'emporter dans sa nuit
Je
lâchais ma proie et la laissais retrouver son indépendance.
En
toi, j'avais trouvé le remède miracle à mes insomnies…
Comme
si j'avais puisé cette sérénité qui me faisait défaut,
Là
où d'autres fois, de ton plaisir, je tire mon eau de vie,
Ce
breuvage des dieux qui récompense mes assauts.
Christian Bailly
Tous droits réservés
26/03/2025
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire