vendredi 11 janvier 2019

Soupirs

Illustrations : Louis Fratino


Sur notre couche, votre corps s'abandonne
À le voir ainsi se soumettre, déjà je ronronne
À voir si beaux mets offerts à ma concupiscence,
Je ne puis plus longtemps contenir mes sens.



De vous voir telle une chienne en chaleur,
Efface mes derniers soupçons de pudeur,
Exaspère mes instincts de fauve en courroux ;
Je rugis de plaisir avant de fondre sur vous.



À tant de générosité, je ne peux me dérober,
Je ne puis que vous offrir mon hospitalité.
Ainsi, je suis fait, je ne peux rien vous refuser,
Je vous propose votre chair, de la travailler.


Comme il se doit, comme un bon jardinier,
Je veux entretenir votre fort  joli jardinet,
Ou bien comme un grand chef, vous cuisiner,
Et vous enfourner gracieusement mon gibier.



Je vous promets de mes fruits, vous régaler,
Vous goûterez et j'en suis sûr y reviendrez.
À leur jus nul autre pareil, je vous le certifie,
Sur l'honneur, son appellation d'origine garantie.



Regardez comme pour vous, il se rengorge.
Prenez-le, qu'il habite votre profonde gorge !
Ne le fuyez pas, sa loyauté vous est acquise,
Il se donnera à vous d'une manière exquise.




Arrachez-lui sa ferveur pour servir vos désirs,
Faites lui payer son écu, à votre bon plaisir !
Ô mon amour ! Je veux vous entendre jouir,
Et me rappeler pour toujours de vos soupirs.



Christian Bailly
Tous droits réservés
05/10/2014

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