samedi 31 janvier 2026

Fleur de sel

 

du net


 

 

Il y a des amours sans fin,

que le temps,

jamais,

ne saurait dissoudre.

 

De ces amours,

il reste toujours

quelque chose,

même une fois évaporées,

même après les ardeurs

de la passion passées.

 

Quelque chose

d'impérissable,

d'indissoluble,

comme une fleur de sel.

 

Une fleur de sel

venue secrètement

se déposer sur le cœur

et qui donne à jamais,

du sel à la vie

et aux larmes.

 

Christian Bailly

Tous droits réservés

31/01/2026

Couple infernal

 



Brassées d'écume opale, jetées aux cieux,

Par les coups de bélier des flots audacieux !

Devant le poète, ils ne décolèrent pas.

Ils sont de la trempe de ceux qui ne cèdent pas.





Monstres rugissants, l'écume blanche aux lèvres,

Vers le rivage, ils courent plus vite qu'un lièvre.

Pour bondir sur les vieux rochers, paralysés,

Les reins brisés par leurs attaques obstinées.





Un combat de titans, depuis la nuit des temps.

Tantôt, l'un met genou à terre, en bon perdant,

Tantôt, l'autre s'incline, pour mieux lui résister.





Deux mondes, l'un impassible et insensible,

L'autre, sans cesse en mouvement, irréductible.

Un couple infernal lié par l'adversité.










Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés
27/01/2026

mardi 27 janvier 2026

vendredi 23 janvier 2026

Don ultime



 

Mon amour,

Fais de moi ton martyr,

Fais-moi expier mes désirs,

Ceux qu’ici je n'ose dire

Auxquels ma chair aspire.





Emporte-moi dans ton arène,

Ne ménage pas ma peine.

Entre douceur et douleur,

Mets-y tout ton cœur.



GeorgiosT

 

Je t’abandonne mon corps,

Jouons de nouveaux accords,

À la mesure de tes envies,

Dont je ressens l'énergie.



 

Mon amour,

Entends le chant de mes soupirs,

Ils s'expriment à loisir.

De ma chair offerte,

Tous les sens sont en alerte.


 

Extirpe lui frissons et plaintes.

Écoute leurs complaintes,

Quand tu refermes sur elle

Tes caresses rebelles.



Gay Erotic Art by Nate DeRidder



Alors, je sens contre moi

Ton désir aux abois

S’enorgueillir,

S’embellir !


Tom Jones 3

 

Certes, je subis tes tourments

Mais je consomme cet insolent,

Avec délectation,

J'assume mon addiction.

 


Mon amour,

Je connais ton excitation,

Tu as ma bénédiction.

L'écho de notre escarmouche.

La fait vibrer dans ma bouche.

 



Inspirée par mes lamentations.

Je perçois sa satisfaction.

Alors, sur moi, se referme l’étau

De mon adorable bourreau


 

Julian Hsiung

Je sens son irrévocable désir

De se libérer, enfin de jouir.

Haletant, je m’affaire.

De ma peine, je veux le salaire !

 

Aurais-je de ton corps, le don,

L'ultime caution de ton amour ?


Gay Erotic Art by Nate DeRidder


Christian Bailly

Tous droits réservés

23/01/2026

A mon Grand-père

 


De lui, j'ai des images inoubliables.

Je le vois encore, là, assis à sa table,

Penché sur un roman, paisiblement,

À lire, à prendre enfin son temps.



Ses mains marquées par les ans,

L'une sur l'autre, très sagement,

Attendaient de tourner les pages

D'un vieux manuscrit hors d'âge.



De ses bras encore très puissants,

Émanait la force d'un ancien titan

Qu'exigeait sa tâche de forgeron.

Du feu et du fer, il était le patron.



Son visage marqué par l'ouvrage,

Finalement, s'était adouci avec l'âge,

Et sa jovialité effaçait la rudesse

De ses traits comblés de sagesse.



Je ne voyais plus cette brutalité,

Elle affectait mon enfance réservée,

Quand en fureur, il blasphémait,

Aux milliards de bons dieux, s'en prenait.



Je le regardais ainsi, assis à sa table,

Ce vieil homme, à la vie honorable,

Il avait traversé la dernière guerre

Sans jamais mettre genou à terre,



Résistant pour défendre la liberté.

Il était rouge comme le sang versé

Par tous ses compagnons tombés

Pour libérer leur France occupée.



Un homme discret sur sa bravoure,

À son enterrement, point de discours,

Pour ce qu'il avait fait sans gloire,

Pas question d'honneur ostentatoire.



Sur la vie, il avait sa propre vérité,

En politique, des idées bien arrêtées.

La vie avait forgé ses convictions,

L'athéisme était sa seule religion.



En patriarche, il veillait son clan,

Sans être toujours très conciliant.

À coup sûr, il était un honnête homme,

Même s'il n'était pas gentilhomme.



À son Agnelle, il avait mené la vie,

Dure, mais à l'époque, c'était ainsi,

On ne faisait pas dans la dentelle,

Pour la bagatelle et pour l'existentiel.



Tous deux arrivaient, bon an, mal an,

À l'âge où, faute d'être tendres amants,

On conjugue vieillesse avec tendresse

Pour en oublier l'insidieuse détresse.



À le voir ainsi, assis à sa table, à lire,

Je saisissais ce que c'était de vieillir,

Je réalisais alors, du temps, la cruauté,

Ce que c'était d'être, et d'avoir été.



Et quand enfin, j'osai lui demander

Comment il occupait ses journées,

Il me répondit avec philosophie,

Dans un sourire teinté d'ironie.



"Eh bien, tu vois, j'attends la mort"













Christian Bailly

Tous droits réservés

10/06/2012

jeudi 22 janvier 2026

La rivière

 

 


Elle court, elle court la rivière,

Dans nos pas, sans se soucier

Le moins du monde des pierres

Qu'elle roule sous nos pieds.




Elle flâne, elle flâne la rivière,

Riche d'amour, riche de vie,

Dessus, dessous la verte litière

De nénuphars à peine fleuris.





Elle se hâte, elle se hâte la rivière

Promène toute sa progéniture

Le long des terres nourricières,

Sous le soleil qu'elle capture.





Même si elle se presse la rivière,

Ses reflets d'azur et d'argent

Remplissent notre aumônière,

Des richesses de l'instant présent.



Elle prend tout son temps la rivière,

D'arroser les prairies en fleurs,

Où je rêve d'école buissonnière,

Et moi, je suis là, à flairer le bonheur.



Texte et photos Christian Bailly

Les bords de l'Yonne près de Cézy - Thèmes

Tous droits réservés 

22/01/2026










lundi 19 janvier 2026

Reconnaissance





Je me souviens des petits matins frileux,

Où je devais sortir de mon lit douillet.

Pourtant, j'avais eu du mal à le réchauffer,

Dans ma chambre, où ne brûlait pas de feu.



Mon corps frêle de gamin avait grelotté,

Malgré l'édredon dodu et le couvre-pied,

Avant de trouver le sommeil d'écolier,

Et de voyager dans mes rêves tourmentés.



En hiver, la chambre était humide et glacée,

Au matin, je trouvais des œuvres éphémères,

Sur les vitres recouvertes de fougères.

Un rayon de soleil finissait par les effacer.





Je m'habillais de mes vêtements gelés.

Pour gagner la cuisine, il fallait ressortir.

Braver la froidure, avant de pouvoir assouvir

Ma faim et ma soif d'au plus vite grandir.



Ma grand-mère, déjà au pied de la cuisinière,

Faisait griller de généreuses tartines de pain.

Je m'approchais d'elle pour un tendre câlin,

Puis sur le banc, je rejoignais mon grand-père.




La cuisine embaumée de gourmandes odeurs,

Réchauffait mon cœur tendre d'enfant,

Privé par le mauvais sort, de sa maman.

J'exigeais peu de la vie pour faire mon bonheur.




Leurs cœurs généreux m'ont sauvé du pire,

D'une vie d'errance et de mille déconvenues.

Aujourd'hui, je mesure ce que je serais devenu

S'ils n'avaient pas eu la sagesse de me recueillir.



J'avais la tendresse de ce couple vieillissant,

J'avais le nécessaire, mais sans le superflu,

Sans leur affection, que serais-je devenu ?

C'est de leur amour que j'ai construit mon devenir.






À ma Grand-mère

À mon Grand-père


Christian Bailly

Tous droits réservés

19/01/2026