lundi 11 août 2025

Apprenons

 

De notre mère nature,

Nous avons tant à apprendre,

Avant de retourner à la terre,

De n'être plus que poussière…

 

Alors, apprenons…

Apprenons…

La maturité du chêne séculaire au milieu de la clairière,

L'impatience du perce-neige sous les feuilles mortes,

La vivacité de la violette pour nous ravir au printemps

La légèreté du brin de muguet qui embaume le sous-bois.


 


Apprenons…

La délicatesse et la candeur de l'églantine dans la haie,

La prestance de la rose écarlate trônant dans notre jardin,

La majesté du lys immaculé et la grandeur de son âme,

La patience du vieux tilleul argenté sur la place du village.



 

Apprenons…

La générosité des blés impatients d'être moissonnés,

L'humilité du coquelicot, et pourtant sa vie est si brève,

La sagesse du paisible saule-pleureur au bord de l'eau,

L'innocence de la colombe et son message dans l'azur.


 


Apprenons…

À aimer la liberté comme le vent qui court sur la prairie,

La résilience de la mer, notre génitrice si généreuse, 

La fidélité du chien pour son maître, une belle leçon,

Et aussi la sérénité du chat, placide, qui nous observe.


 


Apprenons…

La ténacité de l'abeille laborieuse qui se tue à la tâche,

Pour faire d'une fleur, une infinitésimale goutte de miel.

L'imperturbabilité de l'huître pour nous offrir une perle,

La sociabilité du dauphin qui joue dans les flots argentés.


 


Apprenons de l'univers impénétrable et infini,

L'humilité et le respect.

Apprenons l'encyclopédie de notre monde,

Avant qu'il ne s'effondre,

À cause de notre orgueil et de notre impétuosité.


Combien de jours, de mois, d'années, de siècles

Nous reste-t-il…

Pour apprendre, avant qu'il ne soit trop tard ?


 

Des politiques,

Nous avons appris la désillusion plutôt que l'espoir

Du travail,

Nous avons appris l'exploitation plutôt que la liberté

Des religions…

Nous avons appris l'intolérance plutôt que l'amour

Du prochain et la mansuétude.

Avec l'amour,

Nous apprenons l'amour et les fruits de la passion.

Avec la mère,

Nous apprenons ce qu'est la générosité, le sacrifice,

L'indulgence et l'amour aussi.

Avec les enfants,

Nous apprenons la pureté et l'innocence,

Que nous oublions trop vite.



Et avec les hommes, qu'apprenons-nous ?

Nous apprenons l'agressivité, la violence,

La domination, la malveillance, la haine,

La cruauté, la guerre…

Alors…

Alors, quand apprendrons-nous de notre histoire,

Pour construire un monde meilleur ?




Texte et photos: Christian Bailly

Tous droits réservés

20/01/2023



jeudi 7 août 2025

Confidences d'un soir…

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Déstructuration (Défi)

  

Déstructuration - Michel Richard


Défi : écrire un poème à partir de cette œuvre photographique de Michel Richard. "Déstructuration".

À découvrir lors de l'exposition "Exposition singulière", du 20 au 27 août 2025, à la Chapelle des Pénitents - 98 Grande rue Mario Roustan - Sète.

Lors du Vernissage le 23 août, j'aurai le plaisir de vous faire découvrir quelques poésies pour illustrer quelques œuvres de Michel Richard.

 

Quelle était belle et fraîche,

Comme un bouquet de roses

Cueillies au petit matin,

Quand l'aube les défroisse.

Ah ! Son Bel-Ami, pour elle,

Aurait bien vendu son âme,

Elle était le paradis à elle seule,

Où fleurissent désirs et plaisirs.

 

Il y avait de la joie dans sa chair

Habillée de sa jeunesse frivole.

Elle palpitait du bonheur d'être

Pour lui l'aurore de chaque jour.

 

Mais très rapidement, pour elle,

L'aurore devint crépuscule,

Puis le crépuscule se fit ténèbres;

Il en était devenu le maître.

 

Il lui faisait encore bien l'amour,

Tel un dieu, avant d'être odieux.

Sous ses baisers couvait l'orage,

Après le miel, elle goûtait le fiel.

 

Sur elle, il pleuvait des coups,

Comme il pleut des cordes.

Sur elle, grêlaient les insultes,

Autant que les revers de main.

 

Peu à peu de son assurance

Et de sa fraîcheur, il ne resta rien.

Peu à peu, dépourvue d'amour

Et de tendresse, elle se fanait.

 

Sa vie même perdait son sens,

Son corps, entre crainte et desir,

Son cœur, entre haine et amour.

Tout d'elle-même se déstructurait.

 

Pour ne laisser sur le tapis,

Qu'un corps douloureux,

Un cœur déchiré,

Une âme meurtrie.


Femme qui pleure  de Pablo Picasso



Christian Bailly

Tous droits réservés 

05/08/2025

vendredi 1 août 2025

Breloques

Antoine Bourdelle - Héraclès archer
Musée d'Orsay - Photo Christian Bailly

Antoine Bourdelle - Héraclès archer
Musée d'Orsay - Photo Christian Bailly


Ces breloques dont notre virilité est si fière, 

Lourdes de désirs insistants inassouvis,

Attendent l'instant sublimé par l'amour

Et les ardeurs de leurs propriétaires.



 

Elles aussi aiment être caressées, cajolées, sucées,

Léchées, bouffées, chahutées, agitées, branlées,




Enfin, qu'on leur mène aussi virilement la vie dure

Qu'à ces verges laborieuses et héroïques

Auxquelles elles sont si attachées.

 



Puis, elles attendent l'instant...


L'instant où elles pourront libérer leur pesant de plaisir,

Qui sur un visage rayonnant de bonheur,

Qui dans une bouche avide et gourmande,






Qui entre des fesses généreuses et pommelées,






Qui dans un cul impatient de recevoir sa récompense,





Qui le long d'une main ferme et laborieuse,






Qui sur une poitrine virile et velue à souhait,






Qui sur des draps immaculés froissés par le désir lancinant,

Qui sous la douche ruisselante de volupté,

Ou dans l'intimité vaporeuse d'un bain bien chaud,






Ou encore, la moiteur excitante d'un hammam,

Qui en pleine nature, au hasard d'une rencontre,






À la va-vite ou en prenant le temps de vivre l'instant,

À la fois farouchement, comme un animal et sauvage.

 



Alors leurs fidèles compagnes de toujours


Pourtant si vigoureuses et si courageuses

Pourront rendre les armes sans reproche

Et venir s'assoupir sur leur nid douillet,

Comme des oisillons sages et repus de bonheur...






Christian Bailly

Tous droits réservés

27/07/2025