jeudi 10 avril 2014

Rue des Lombards



Rue des Lombards, devant un bar, 
De beaux gaillards 
S'invitent à d'incertains rencarts, 
Pour partager de leur vie un écart,
D'une rencontre, le hasard. 
Des nounours sous des airs de loubards, 
Un peu rondouillards, 
Un peu fêtards, mais pas gueulards. 
De beaux malabars, 
En mal d'amour rare, 
Avec des cœurs de Saint Bernard. 
Au bar, quelques échanges de regards 
Font office de faire-part, 
De point de départ. 

Rue des Lombards, au fond d'un bar, 
Dans le noir, à l'écart, 
En jeans, ou en costard, 
Avec égards ou à la hussard, 
Comme des soudards 
Ou de gentils lascars, 
Ils se déclarent, se préparent. 
Les uns les autres s'emparent. 
Chacun veut sa part. 
Il n'y a pas de rempart.
Pas besoin d'être bavard. 
Pas besoin d'un dollar. 
Les caresses affûtent les poignards 
Pour un peu d'amour sans fard.

Rue des Lombards, au fond d'un bar, 
Dans le noir, dans le placard, 
A chacun son étendard. 
Les mains, s'égarent 
Sur les corps, à travers les falzars. 
Les bouches s'accaparent. 
Les dards, de désir, se parent. 
Ici le plaisir ce n'est pas de l'art. 
On n'est pas chez Ronsard ! 
On allume le pétard dans le bénard, 
On libère son nectar, 
On prend son panard, et on repart 
Avec un sourire ou sans un regard 
Il se fait tard… 

Un jour veinard, un jour tricard. 
C'est la fête du braquemart. 
On s'aime, on se sépare, 
Ou d'un nouvel amour c'est le départ.
Un jour tocard, un jour star 
Dans le cœur d'un beau briscard. 
On oublie son cafard, 
Le temps d'un quart, 
Dans les bras d'un motard 
Ou d'un p'tit salopard. 
C'est le jeu de l'amour et du hasard
Pour ces beaux gaillards, 
En jeans ou en costard 
Rue des Lombards, devant un bar.


Paris - Vue du Sacré Coeur

C. Bailly
Tous droits réservés
05/10/2010

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